Disponible dès le 20 octobre aux éditions Rizzoli New-York, Ministry Of Sound : Anthology, signé Simon Moore, retracera l’histoire du mythique club éponyme. Cette sortie a soufflé un vent de nostalgie dans la rédaction de Tsugi… Alors, on a décidé de replonger tête la première dans les nuits londoniennes des années 1990, à travers une liste — non exhaustive — des lieux qui ont marqué la culture club du pays et plus principalement de sa capitale.
L’été 1988 — ou Second Summer of Love, période où l’acid house battait son plein dans les clubs anglais — représente le point de départ d’une révolution concernant la fête dans le pays. La culture club n’est que le résultat d’une répression du gouvernement Thatcher de l’époque. Alors que les lois obligeaient les clubs à fermer à deux heures du matin, les premières soirées illégales — que l’on connaît sous le nom de free parties — sont apparues. Le gouvernement, avec sa soif de contrôler ce mouvement, comprit qu’il était nécessaire d’autoriser à nouveau la fermeture tardive des boîtes de nuit. Dans ce contexte, les soirées se sont à nouveau déployées dans les clubs, permettant à un certain nombre de naître et de se développer. Influencés par les free parties, ces lieux participeront à la construction d’une nouvelle culture club, et d’une nouvelle manière de faire la fête.
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The Trip, dans la salle Astoria : 1988 – 2009
Nick Holloway a ouvert le club The Trip dans la salle de concert Astoria situé dans l’ouest londonien en 1988. On pouvait retrouver le fondateur parmi les DJs résidents, mais aussi Paul Oakenfold ou encore Johnny Walker. Ce club est connu pour avoir hébergé le premier événement acid house de grande taille et surtout, légal. L’Astoria était le lieu parfait pour ce genre de soirée : sa taille permettait de mettre en place une production complète — lumières, scénographie et bon système son — ainsi que d’accueillir jusqu’à 2 000 personnes. The Trip illustre alors la dualité entre les raves illégales qui se déroulaient toujours durant l’été 1988, et les clubs légaux — que certains considéraient comme des pâles copies aseptisées des raves — qui s’imposaient d’avantages.

Ministry Of Sound : 1991 – …
Fondé par Justin Berkmann en 1991, ce club du sud de Londres — qui verra son histoire retracée par le livre d’archives Ministry Of Sound : Anthology — est considéré comme la maison de la house britannique. Le Ministry Of Sound a su évoluer en plein milieu de la répression gouvernementale qui frappait le monde de la nuit. Sa recette ? Mélanger club institutionnel et énergie rave. Après s’être pris une claque par l’énergie brute du Paradise Garden à New-York, le fondateur a voulu remettre la musique et l’expérience sonore au centre des soirées britanniques, à l’image de ce qu’il a vécu dans la big apple.

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Alors, installé dans un entrepôt de bus désaffecté, le Ministry Of Sound a su reprendre les codes des soirées illégales — notamment l’esthétique — tout en les institutionnalisant. En ayant vu passer des DJ tels que David Morales, Carl Craig, Moby ou encore le duo Underworld, le lieu a façonné la figure du DJ dans la culture club. Ici, l’underground à gardé ses racines tout en se professionnalisant. Le livre Ministry Of Sound : Anthology célébrera à travers ses 416 pages d’archives inédites et de témoignages, ce haut-lieu de la house des années 1990 et son influence sur la culture club mondiale.
The end : 1995 – 2009
Ce club fondé en 1995 par Mr C — aka Richard West — et Layo Paskin ressemblait à une cave… littéralement. Robert Hood, Ricardo Villalobos ou encore Derrick May se produisaient dans cet espace à la capacité réduite pour des nuits entre minimal techno, house et productions hypnotiques. Le lieu était petit certes, mais surtout intime. Sous son plafond bas et grâce à la scène centrale, la relation entre le DJ et le public se voulait plus intense, renforcée par la musique. En 2009, Laurent Garnier jouait à la dernière soirée du club avant sa fermeture définitive.
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Plastic people : 1994 – 2015
Plastic People n’accueillait pas bien plus de danseurs, 200 personnes maximum pouvaient se retrouver dans ce bunker plongé dans le noir. Fondé par Ade Fakile a seulement 22 ans, le club était placé dans le centre londonien. Ses programmations éclectiques, son emplacement et son esthétique lui ont permis de rapidement devenir une adresse incontournable pour les fêtards. Un côté mystique entourait le club, notamment avec sa politique sans téléphone ou le fait que les soirées n’étaient pas forcément annoncées au préalable. Pour autant le club à vu du beau monde derrière ses platines, notamment le duo Daft Punk pour son premier show à Londres en 1995, ou encore Floating Points à plusieurs reprises pendant les mythiques soirées CD-R.
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Fabric : 1999 – ….
Élu meilleur club du Monde par le magazine DJ Mag en 2007 et 2008, ce lieu, qui accueillait drum and bass, dubstep ou bien breakbeat, a été fondé par Keith Reilly et Cameron Leslie. Avec un système son développé — même surdéveloppé puisqu’on pouvait compter 450 enceintes dans la salle principale, dont certaines nichées dans le sol — le but était de faire traverser les vibrations des basses dans le corps de chaque personnes dans le public. Les résidents Craig Richards et Terry Francis enflammaient les danseurs au milieu des décombres d’un monde souterrain victorien. Fermé en 2016 à la suite du décès par overdose de deux clubbeurs, Fabric à rouvert en 2017 et continue de transcender la scène club de Londres.
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