Ce mardi 26 mai 2026, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi RIPOST lancé par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, décrié depuis plusieurs mois pour son traitement ultra-sécuritaire des “incivilités du quotidien”. Tsugi récapitule la situation — spoiler alert : la fête libre se retrouve encore plus en danger.
Les free parties, les rodéos urbains, la consommation détournée de protoxyde d’azote, mais aussi les ultras des stades de foot et la surveillance numérique renforcée au nom de la sécurité, voici ce qui était à l’ordre du jour le mardi 26 mai 2026 au Sénat. Le projet de loi RIPOST, adopté à 243 voix contre 33, doit être à présent étudié par les députés. Il viendrait renforcer le projet de loi 1133, en attente, lui, d’adoption par le Sénat. Les organisateurs seraient désormais exposés à deux ans de prison pour “organisation d’une free party”, considérée comme un délit, et les participants, à six mois de prison pour “participation à une rave party interdite”. Une première.
Un “délit d’organisation” étendu
Effectivement, on a bien remarqué que le sujet des free parties titille particulièrement l’exécutif ces derniers mois. Le projet de loi 1133 prévoyait déjà six mois de prison et 30 000 euros d’amende pour “contribuer” à l’organisation — auparavant, seule une contravention de 1 500 euros était adressée aux organisateurs. Le projet de loi RIPOST renforce l’arsenal répressif, en passant à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour “organisation illégale d’une rave party”.
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Le délit pénal inclurait également les participants, s’ils ne choisissent pas de payer l’Amende Fortetaire Délictuelle (AFD) de 1500 euros. Ils risquent une peine de six mois de prison, et 7 500 euros d’amende. Tout événement de plus de 250 personnes devra désormais être déclaré en préfecture — au lieu de 500 personnes actuellement.
Le matos risque gros lui aussi
On a déjà vu des saisies de matériels abusives, non rendues par manque de jugement dans les six mois suivants la réquisition, ou de délibération positive du tribunal. Alors que le Préfet ordonnait la saisie, elle deviendrait systématique après l’application de la loi 1133, des sonos aux véhicules transportant le matériel. Le projet de loi RIPOST vise davantage les organisateurs et organisatrices, qui risquent la suspension, voire l’annulation de leur permis de conduire, ainsi qu’une décision du juge de “réparer les dommages causés à l’environnement”, peut-on lire dans le rapport.
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Les sénateurs ont également ajouté l’obligation pour les loueurs de matériel de conserver l’identité du locataire et le détail du matériel fourni pendant trois mois. Si celui-ci permet de diffuser un nombre de kilowatts — un peu — trop élevés, le professionnel devra s’assurer que le système de sonorisation soit utilisé dans un rassemblement déclaré à la préfecture, au risque d’encourir deux mois de prison et 3750 euros d’amende.
Ces mesures, présentées comme un “choc d’autorité” par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, ont été dénoncées par une partie des sénateurs de gauche, comme l’écologiste Guy Benarroche, qui décrit : “une pierre de plus dans une société de surveillance et de contrôle généralisés », ou le communiste Ian Brossat, qui signale “un texte fourre-tout, construit dans l’urgence, article par article, au gré des effets d’annonce”. L’enjeu pour le ministre de l’Intérieur ? Que le texte soit étudié par l’Assemblée nationale avant la pause estivale de mi-juillet. Des manifestives sont prévues dans toute la France pour protester — en musique — contre ces lois, les 30 et 31 mai, ainsi que les 6 et 13 juin prochains.

























































































