Notre Madone à toutes et tous nous regarde d’une manière bien énigmatique. Elle revêt un accoutrement de dentelle et de résille, perchée sur un mur d’enceintes argentées. Tout ça sur un fond lavande. Ça y est : après un teasing interminable, le 15ᵉ album studio de Madonna est ENFIN sorti ce vendredi 3 juillet. Elle ne se moque vraiment pas de nous : c’est un honnête projet de 16 morceaux, et voici ce que Tsugi en pense.
Des morceaux introductifs en miroir
Le premier morceau est un petit peu connu : « Hung Up ». Vous en aviez déjà entendu parler ? Il sample « Gimme! Gimme! Gimme! », d’un petit groupe, ABBA. Blague à part, le single atteint à l’époque la première place dans 41 pays, un record qui lui permet de figurer dans le Guinness Records de 2007. Il est taillé pour le club, d’une durée optimale de cinq minutes.
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Pour le titre introductif de Confessions II, « I Feel So Free », Madonna n’a pas menti, elle se confesse à nous. Pendant cinq minutes aussi, tout de même. « Parfois, j’aime simplement me cacher dans l’ombre. Me créer une nouvelle personnalité. Une autre identité. Je peux être celle que j’ai envie d’être » […] « Mais ici, sur une piste de danse… je me sens tellement libre », chante-t-elle sur le morceau. Surprenant moment de vulnérabilité pour la superstar internationale, comme quoi, même les idoles ont des failles. Le morceau sample « French Kiss », de l’un des pères de la Chicago house, Lil’ Louis. Il évoque également indubitablement « I Feel Love » de Donna Summer.
Une asymétrie entre l’intention et le résultat
La démarche de l’album est claire : le morceau « One Step Away » ne remet pas l’église au milieu du village, mais le dancefloor au milieu du club.« Les gens pensent que la dance music est superficielle. Mais ils se trompent complètement. La piste de danse n’est pas seulement un lieu. C’est un seuil. Un espace rituel où le mouvement remplace le langage », clame-t-elle. On est bien d’accord avec elle, la dance music fait plus sens que jamais en ce 21ème siècle désenchanté. On a franchement besoin de faire communion autour de quelque chose qui nous fait vibrer à l’unisson.
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Malgré ça, on avoue ne pas ressentir grand chose à l’écoute. Dommage, d’autant qu’elle s’est entourée du gratin pour produire cet album : le producteur Stuart Price, qui a travaillé avec Kylie Minogue ou Dua Lipa. Mais aussi la productrice Arca, qui a collaboré avec Björk ou Rosalía. On entend ici et là des rythmes de drum’n’bass sur le morceau« Good For The Soul », des pointes d’acid sur « Love Without Words ». Mais on regrette un manque de parti pris, qui aurait permis une meilleure identité sonore. Tout cela sonne comme une sorte de soupe fade, qui fait “flop” dans les oreilles. Quant à « Bizarre », aux francs accents EDM (le feat avec Martin Garrix), on aurait dit pourquoi pas en 2014, mais alors en 2026, c’est non.
Ce sera sans doute la première et la dernière fois que vous lirez ça sur Tsugi : Mais Madonna, c’était mieux avant.




























































