Si on vous dit que c’est LE rendez-vous à ne pas manquer cette semaine, vous pensez à… Non pas l’éclipse ou les Perséides, mais bien nos sorties hebdomadaires, voyons ! On sait qu’on mentionne souvent la canicule — difficile de penser à autre chose aussi — mais on ne s’est toujours pas transformé en revue scientifique. Vos tsugistes ne changent pas de bord et reviennent avec une pluie, non pas d’étoiles filantes mais de sorties musicales. Cette semaine, vous observerez dans notre galaxie : l’album éclectique de Getdown Services, la techno euphorique de King Gizzard & The Lizard Wizard, la house empowered de Black Rave Culture, les sonorités ensoleillées de Jungle, le mystique de L’Rain et les boucles berlinoises de Vkn.modular.
Getdown Services – Massive Champion
On s’est demandé si on avait lancé le bon album quand de la country a envahi notre casque avec « Poor Banister » — oups, on n’avait pas préparé les santiags… Mais pas de panique, les guitares électriques et abrasives du duo de Bristol sont vite revenues dès le second track. Massive Champion est un carrefour de sonorités. Ben Sadler et John Law nous livrent un rock n’ roll aiguisé mais arrivent tout de même à introduire des sonorités funk et groovy comme dans « The Radiator » et « Stop Living ».
- À lire aussi sur tsugi.fr : « À la recherche de Boards of Canada » : le Tsugi nº188 est dispo partout !
Présenté comme ça, on comprend si vous n’avez pas la vision, mais il suffit d’une écoute pour être convaincu ! Avec leur accent britannique à couper au couteau, les amis d’enfance explorent leur jeunesse, leur succès récent et la question fatale — sans mauvais jeu de mots — de la mort. Il existe bien une chose qu’on ne peut pas retirer à Getdown Services : sa capacité d’ironiser des textes aux questions existentielles. Soyons honnêtes, nous partageons tous de nombreuses angoisses, alors entendre deux jeunes anglais à la moustache un peu trop longue les tourner en dérision aide à relativiser.
King Gizzard & The Lizard Wizard – Alien Metal
Vous pensez savoir à quoi vous attendre avec King Gizzard & The Lizard Wizard ? Prenez cette idée, faites-en une boule de papier et hop, direction la poubelle. Rock psychédélique, heavy metal, garage rock ou encore jazz et soul, il n’existe pas deux projets du groupe australien qui se ressemblent. C’est vrai qu’en 28 albums, on a le temps d’en faire, des détours musicaux. La sortie surprise d’Alien Metal, signée p(doom) records, nous téléporte directement en plein milieu d’un dancefloor euphorique. On espère que vous avez travaillé le cardio, car cette session dansante sombre et heavy pourrait durer toute la nuit.
- À lire aussi sur tsugi.fr : King Gizzard & The Lizard Wizard sort trois titres sous acide compilés en un clip
L’album est fluide et les productions électroniques s’enchaînent. On a même l’impression de n’écouter qu’un seul track de 41 minutes. À travers des touches d’acid, une voix robotique qui nous accompagne tout au long du projet et des percussions qui contrastent avec le corps électronique, le groupe nous donne le meilleur des deux mondes. Entre tradition et modernité.
Black Rave Culture – Black Rave Culture Vol 4
Laissons un peu de place aux sonorités plus enjouées. AvecBlack Rave Culture, Amal, James Bangura et Nativesun mêlent house, techno, dub, footwork et même baile funk. L’identité noire au cœur du projet, Black Rave Culture Vol 4 continue d’honorer cette culture électronique. Les 13 tracks de l’album sont taillés pour le club et on entend déjà leurs rythmes syncopés nous accompagner sur les dernières soirées de la saison.
- À lire aussi sur tsugi.fr : Resident Advisor célèbre les 30 ans de la jungle au travers d’un documentaire
Certains morceaux conservent des basses plus violentes et profondes comme dans « Get To You », la collaboration avec JD. REID. Les productions sont texturées et les couches musicales se superposent. Au loin, vous entendrez parfois ce sifflet qui nous déclenche un boost de sérotonine, et c’est tout ce qu’il nous faut. « Urban Classix » nous offre même une production jungle dont on raffole en ce moment.
Jungle – Sunshine
Maintenant, fermez les yeux et imaginez votre définition d’un endroit paradisiaque. Si vous avez Sunshine en bande-son, la téléportation mentale ne sera que plus facile ! De notre côté, nous sommes bercer par le doux sifflement de « Come Back To Me » et un goût tropical s’installe sur nos lèvres. L’arrivée de Lya Kitto aux côtés de Josh Lloyd-Watson et Tom McFarland sur Sunshine marque la première sortie de Jungle en tant que trio sur Caiola Records.
- À lire aussi sur tsugi.fr : Tom McFarland, de Jungle : « notre amour pour la musique et le jeu n’a pas changé »
Grace à la voix envoûtante de la chanteuse, ce disque est pile ce qu’il nous fallait pour nous rafraîchir par ces temps caniculaires. Le groove, la soul et les quelques touches de house de « Move Life You Do » nous font instinctivement bouger les hanches sur la ligne de basse contagieuse. Si on peut donner un petit conseil, n’hésitez pas à mettre vos lunettes de soleil et du SPF 50 — pour les plus pâlichons — car l’album est rayonnant.
L’Rain – Fata Morgana
Sorti sur Mexican Summer, l’album de L’Rain est fait pour être écouté, mais surtout pour être ressenti. La production contemplative de « with time » nous emmène directement dans un état mental de spiritualité et de méditation. Parfois, la voix de Tara Cheek se confond avec des bruits de vagues, d’autres fois avec un grésillement de télévision, ce qui nous donne toujours un fond sonore ambiant et rassurant. La chanteuse nous invite dans son monde mystique à base de neo-soul, de trip-hop et de sonorités folk presque hantées, mais bizarrement, on se sent bien dans cet univers.
- À lire aussi sur tsugi.fr : Paciphonic mêle musique électronique et méditation avec passion
Les percussions arrivent au fur et à mesure que fata morgana se déroule, d’abord en simple fond sonore avant d’atteindre un climax sur « soulless cycle ». Comme quoi, peu importe à quel point on se reconnecte à nos chakras, parfois ça fait du bien de tout extérioriser. On est d’avis de crier un bon coup, ça libère.
Vkn.modular – Side effects EP
Pour ce projet, direction les limbes de l’underground qu’on aime tant. Si vous en avez marre de la lumière du jour et mourez d’envie de remettre les pieds dans un warehouse brumeux et transpirant, mettez-vous un tunnel des quatre tracks de l’EP Side Effects et ça ira beaucoup mieux. Désolés, cette digital release signée Planet Rythm n’est pas disponible sur toutes les plateformes de streaming, mais vous pouvez toujours la trouver sur SoundCloud et Bandcamp, comme de vrais diggers de tracks.
- À lire aussi sur tsugi.fr : Nina Protocol renaît (presque) de ses cendres grâce à SoundCloud
Les basses lourdes et galopantes accompagnées d’un tempo hypnotique sont prêtes à faire trembler les parois de nos corps et des clubs. Les boucles nous saisissent et nous entraînent dans le tourbillon deep techno de Vkn.modular. Les productions deviennent percutantes et les textures modulaires brutes installent des nappes sonores mouvantes. Vous ne connaissez pas quelqu’un avec des platines qui voudrait nous mixer tout ça à une prochaine soirée ?























































































