Alors que nous recommençons à mettre des pulls et des vestes — snif — heureusement que les sorties musicales de la semaine sont toujours là pour nous réchauffer le cœur. Au coin du feu — oui, on abuse un peu — cette semaine : la dark wave de Zaatar, les productions relaxantes de FKJ, l’ambiance club de Bonobo, l’orgue revisité de Maxime Denuc et les guitares ensoleillées des surfeurs californiens Almost Monday. 

Zaatar – First Crush

Pour le lancement de son label CRVSH, Zaatar nous montre qu’elle vient jouer dans la cour des grands avec son EP First Crush. Des basses répétitives, des textures modulaires, quelques influences arabes, une voix robotique et c’est parti : nous avons de quoi danser toute la nuit. Cet EP s’inscrit dans la direction musicale que souhaite suivre Zaatar avec ce label, ce qu’elle appelle la « rawmantic techno ». Entre dark wave, sonorités hypnotiques et électro, le projet s’annonce hybride.

Ses productions sont pleines d’énergie et les boucles ne font que monter en puissance. Sur les six tracks, une tension s’installe avant d’exploser dans des rythmiques euphoriques. Les synthétiseurs distordus s’installent dans notre casque et il est difficile de ne pas se laisser emporter par les nappes sonores de « In The Light You Call My Name ». Pour une première sortie sur son label, Zaatar établit ses règles, et on à hâte de voir ce que le projet garde au chaud pour la suite.

FKJ – Tyber

Quand tout va un peu trop vite dans notre vie, FKJ nous propose de faire pause et de ralentir le temps d’écouter son dernier album, Tyber. Les douze tracks explorent les penchants électroniques du multi-instrumentiste, tout on conservant ses racines soul et jazz. On y retrouve des saxophones, du piano, de la basse et de la guitare, le tout créant une atmosphère chaude et réconfortante, presque ensoleillée.

Tyber fait aussi la part belle à de nombreuses collaborations. Alors que Lucy Park et Baby Rose prêtent leurs voix de velours, le rappeur Bas dépose un flow fluide, Eryn Allen Kane nous hypnotise avec ses harmonies enivrantes et pour finir, le track avec Labirinth nous offre une rencontre explosive entre des synthétiseurs, un piano déchaîné et du RnB. Cet album nous prouve encore une fois la capacité du musicien à transcender les genres, et qu’il est vraiment impossible de le ranger dans une case !

Bonobo – Distance in Static

Cet album paru sur Ninja Tune pourrait être son dernier long projet. Pour sa — potentielle — révérence, Bonobo nous emmène dans son voyage aux émotions et aux sonorités versatiles. Une chose est claire, le DJ et producteur anglais explore sa capacité à créer des morceaux pour club. On entend ce parti pris dès le second track avec « Cycles » et même depuis « Me and You », le premier single du projet aux basses rebondissantes. Ce disque est également riche de quelques touches de UK Garage par-ci, de trance assez lointaine par là et même d’un soupçon de trip-hop. Bref, le club est au rendez-vous.

De la soul aux pointes RnB s’invitent tout de même sur Distance In Static. La collaboration avec Joy Crookes met de côté les synthétiseurs pour laisser place aux saxophones et à la voix rauque de la chanteuse. L’influence sonore de Bonobo par les cultures du monde est toujours présente. Pour cet album, le producteur a samplé des enregistrements de field recording malawites, des archives d’artistes iraniens, et a aussi utilisé des harpes chinoises. Pour ponctuer le tout, les paroles d’Arooj Aftab chantées en ourdou ancrent encore une fois son travail dans une esthétique traditionnelle sud-asiatique.

Maxime Denuc – Club Imperiale

Le compositeur basé en Belgique Maxime Denuc rejoint Caterina Barbieri et son label light-years pour faire paraître son album Club Impériale. Eh non, l’orgue ce n’est pas qu’à l’église et le français vous montre que cet instrument peut facilement s’intégrer à vos playlists !  À travers Club Imperiale, il fait dialoguer la puissance de l’orgue baroque avec des sonorités électroniques, d’une manière à ce qu’on ne sache plus quel instrument nous sommes en train d’écouter.

Sur « Everytime » une nappe solennelle contraste avec un synthétiseur rapide et éthéré. Nous sommes pris dans un tourbillon musical qui mériterait sa place dans la bande-originale d’un film dramatique. Les autres tracks de l’album sont planants et nous avons l’impression de nous reconnecter avec nous-même. Pas besoin de payer de séances de méditation !

Almost Monday – Thanks God It’s Almost Monday

Apparemment, certains sont ravis de voir le lundi arriver, chacun son chacun après tout ! De notre côté, le seul lundi qu’on accepte, c’est bien celui du groupe Almost Monday, qui ramène avec lui le soleil de San Diego. Thank God It’s Almost Monday est un concentré de good vibes et de indie pop-rock solaire. Chaque track nous donne envie de monter dans une décapotable, lunettes de soleil sur le nez, pour arpenter les contrées californiennes.

De légères sonorités électroniques s’invitent au road trip et elles s’entendent très bien avec les riffs de guitares électrisants. En cool kids, ils nous parlent de romance avec décontraction et surfent les cheveux au vent sur leurs refrains entêtants ! Il suffit de regarder le clip de « Superprism » pour comprendre où se situent les cœurs des membres du groupe. Sous une esthétique rétro et presque psychédélique, on y voit les étoiles d’Hollywood Boulevard et les palmiers de Beverly Hills : téléportation assurée dans le Los Angeles des années 1970.