Le NAME Festival qui devait faire son retour en décembre à la Condition Publique à Roubaix n’aura pas lieu. La ville dirigée par l’Insoumis David Guiraud a exigé un « moratoire » sur le festival en raison de « nuisances » dénoncées par les riverains et les organisateurs ont annoncé l’annulation de l’édition 2026 dans un communiqué ce mardi.
Ce n’est pas encore cette année que le public de Roubaix et de la métropole lilloise retrouvera le NAME Festival. Art Point M, la structure qui le porte depuis sa création en 2005, avait mis l’événement en pause l’année dernière pour réfléchir à son format et repositionner le projet. Fondée en 1991 par l’artiste Fanny Bouyagui, Art Point M organise également la Braderie de l’Art qui invite chaque année des artistes de toute l’Europe pour transformer des matériaux récupérés en œuvres d’art. La volonté d’Art Point M pour cette année était de coupler le NAME, festival dédié aux musiques électroniques, et la Braderie de l’Art, sur deux week-ends consécutifs à la Condition Publique, ancienne filature reconvertie en établissement culturel.
Une décision municipale suite à des « incivilités »
Mais les discussions avec la Ville de Roubaix dirigée depuis le printemps par David Guiraud (LFI), se sont tendues au fil des mois. La municipalité avait d’abord validé le nouveau projet du festival, puis proposé des lieux alternatifs (comme la salle Watremez en centre-ville) jusqu’à demander un « moratoire » qui a conduit les organisateurs à annuler le festival. Dans un communiqué posté sur le compte Instagram de David Guiraud, la Ville de Roubaix déclare que : « la culture à Roubaix ne peut pas se faire sans ses habitants. ».
Au cours d’une réunion organisée au cœur de l’été en présence des organisateurs du NAME et d’élus, des représentants du quartier du Pile où se trouve la Condition Publique, se sont plaints de nuisances et d’incivilités « répétées » en marge du NAME. Le pile, quartier le plus défavorisé d’Europe, est un quartier sensible. Art Point M a toujours fait le maximum en accord avec les services de la ville pour encadrer les débordements. Pour les quatre membres fondateurs, qui vivent à Roubaix, le NAME est un festival populaire qu’ils ont toujours voulu ouvert au plus grand nombre.
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Le NAME, plus qu’un simple festival de musique
En plus du festival, l’association a mis en place de nombreuses rencontres ouvertes à tous et un volet pédagogique, permettant à près de 10 000 enfants de Roubaix et d’ailleurs de découvrir les musiques électroniques, le mix ou la MAO. Dans un communiqué publié hier, Art Point M se dit « triste et en colère » soulignant l’impossibilité de déplacer un festival comme le NAME en 4 mois. L’association se réjouissait d’organiser un festival plus resserré faisant la part belle aux jeunes talents et à la scène locale. Elle voyait aussi dans ce nouveau calendrier — le festival se tenait traditionnellement début octobre — l’occasion « d’hybrider les publics » et de croiser les disciplines entre le NAME et la Braderie de l’Art.
Alors que nous abordons une année présidentielle où l’extrême-droite menace de museler la culture et que la loi RIPOST votée en juin criminalise la fête libre, en arbitrant en faveur des riverains, la nouvelle majorité municipale de Roubaix envoie un signal inquiétant. Les députés LFI avaient pourtant combattu la loi RIPOST sur les bancs de l’Assemblée Nationale, des prises de position qui semblent aujourd’hui ne pas résister au réel et à la colère d’habitants qui veulent le départ du NAME de la Condition Publique. On ne peut que le regretter pour les cultures électroniques mais gageons qu’Art Point M saura rebondir en 2027.
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