Le rapport intitulé « Club Culture Berlin 2026 » est paru la semaine dernière, 7 ans donc après la précédente édition, parue en 2019. Il a été mené en association avec la Commission des clubs de Berlin et le département du Sénat chargé de l’économie, de l’énergie et des entreprises publiques. Il révèle notamment une solide culture club et des dancefloors remplis, associée à des pressions économiques fortes qui rendent les marges faibles. Tsugi a épluché pour vous toutes les statistiques du rapport, pour vous dresser le panorama actuel.
La commission des clubs de Berlin, une alliance militante pour la culture club de la ville, a sorti une étude particulièrement attendue après une pandémie éprouvante pour le secteur. Il confirme une scène culturellement forte certes, mais qu’il existe aussi de lourdes pressions économiques, qui poussent les sites à renouveler leur business model. Il met aussi en lumière des pratiques qui évoluent tant du côté des clients que des organisateurs. Faisons un plongeon droit, salto, carpé, à votre guise, dans les conclusions du rapport.
Une étude qualitative avec un volet quantitatif
L’enquête quantitative, opérée en collaboration avec le département du Sénat chargé des affaires économiques, de l’énergie et des entreprises publiques, est basée sur les réponses de plus de 100 acteurs de la scène club berlinoise. Cela inclut les clubs, les promoteurs, et les collectifs indépendants, notamment. 12 entretiens qualitatifs ont également été réalisés avec des clubbers de 22 à 28 ans.
Un modèle économique inversé
En 2017, environ 60% des revenus se faisaient au travers des ventes du bar, et 21% du prix d’entrée. La tendance s’est complètement inversée, car à présent les entrées représentent 59% des revenus, tandis que la vente de boisson concerne 20% des revenus. Globalement, le coût de la vie nocturne a augmenté : 67% des sites déclarent avoir été contraints d’augmenter les tarifs au bar, et 47% le prix du billet d’entrée. Il existe aussi un réel renouveau des pratiques festives, 73 % des personnes interrogées ont constaté une baisse de leur consommation d’alcool, 60 % une augmentation de leur consommation de boissons non alcoolisées et 57 % des soirées plus courtes, ce qui ampute une bonne partie des revenus des structures.
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Une équation économique périlleuse
L’augmentation des effectifs, couplée à l’augmentation des loyers, et la baisse de pouvoir d’achat des clients rendent l’équation économique périlleuse, même si les dancefloors sont pleins. Si 83% des lieux de fêtes déclarent avoir des taux de remplissage moyens de 50% minimum, seul 61% déclarent atteindre le seuil de rentabilité. Ce taux était de 79% en 2017. Cela implique que 39% opèrent à perte. Autre fait notable, les moyennes et petites structures de la scène sont en difficulté : 45% des enquêtés déclarent générer moins de 100 000 euros de recette annuelle, cela concernait seulement 16% en 2017. Les grosses structures sont celles qui concentrent le plus de recettes. Cela implique 7% d’entre elles, qui dépassent les 2 millions d’euros de recettes.
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Un renouvellement de la scène
Seuls 8% des établissements sont propriétaires de leurs locaux. 31 % fonctionnent dans le cadre de baux ou de contrats de location d’une durée inférieure à cinq ans, et 5 % utilisent des espaces temporaires. Les lieux de fêtes sont donc généralement sur la sellette immobilière. 71 % des établissements sont situés à Friedrichshain-Kreuzberg, Mitte et Neukölln, précisément là où la pression sur l’espace et l’immobilier est la plus forte, ce qui fait enfler les loyers. 24 lieux ont été contraints de mettre la clé sous la porte depuis 2020. La bonne nouvelle est qu’environ 25 autres ont ouvert. Un autre aspect positif du rapport est que les clubs et organisateurs de soirées investissent dans la formation de leurs équipes, la promotion de la diversité. Cela révèle un tournant positif pour le secteur.
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Ce dont les clubs berlinois ont besoin
Les leviers d’actions se résument en quatre points : mettre les espaces appartenant à l’État systématiquement à disposition au nom de la culture club. 86% des enquêtés sont favorables à cette mesure. Deuxièmement, assurer un financement stable et à long terme des structures, plutôt que des aides ponctuelles associées à des projets spécifiques. Troisièmement, entériner une reconnaissance étatique et légale plus claire, avec des implications en matière de bâtiment, de contrôle du bruit et de financement. Enfin, améliorer les conditions de travail en développant les normes sociales et salariales.
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