Déjà huit ans que Mac Miller nous a quittés, et pourtant, une réédition de The Divine Feminine, son quatrième album, nous attend le 2 octobre dix ans après sa sortie. Le single « Butterflies », nous donne un avant goût des trois tracks inédits prévus sur le disque. Entre nostalgie partagée et commercialisation d’un décès, on ne sait pas trop où se positionner. 

Depuis son décès en 2018, le « Mac Miller estate » représente les ayants droit du rappeur. Cette entité légale et administrative est gérée par sa famille et ses héritiers en collaboration avec son label. Les ayants droit s’occupent alors de la partie managériale, du catalogue musical et de tout ce qui concerne le business lié à Mac Miller. Ce sont alors ces ayant droits qui ont annoncé la réédition de The Divine Feminine, le quatrième album du rappeur sorti en 2016 pour les dix ans de l’album. Ce projet arrive après une première réédition de GO:OD AM en 2025 et deux albums posthumes, Circles en 2021 et Balloonerism en 2025, le tout porté par les ayants droit.

Du Mac Miller comme on l’aime

Après une première collaboration posthume entre Mac Miller et Thundercat sur « She Knows Too Much », ce dernier rejoint à nouveau la partie avec une ligne de basse envoûtante sur « Butterflies ». Le morceau accueille aussi les trompettes de Daniel Hardaway pour encore plus de plaisir auditif. Avec un refrain entêtant, posé sur un rythme hip-hop et soul, le titre se fait une place bien méritée dans notre playlist. À l’origine, The Divine Feminine ancre ses textes dans la romance, l’intimité et — comme son nom l’indique — le divin féminin. « Butterflies » est la continuité de ces réflexions. Dans ce projet, Mac Miller s’était livré à nous, en exprimant ouvertement le sentiment aigre-doux de tomber amoureux. Alors, ce nouveau track navigue entre amour et anxiété, conservant la douceur présente dans l’album d’origine.

Un site d’archives

L’album d’anniversaire s’accompagne d’un nouveau site internet interactif dédié au rappeur. Les différentes pages du site retracent la vie de Mac Miller, en commençant par ses premières leçons de piano à six ans, et décortiquant chacun de ses albums et projets musicaux. On y retrouve des photographies d’archives, un catalogue de ses paroles mais aussi toutes ses performances. Le site est une réelle mine d’or pour tous les fans du rappeur qui souhaiteraient emprunter le chemin de la nostalgie pour un voyage dans le passé.

Qui profite réellement ?

Alors, même si nos oreilles sont ravies d’écouter de nouveaux morceaux signés Mac Miller, la question se pose tout de même quant-aux bénéfices réalisés autour d’une personnalité décédée. En effet, ces sorties peuvent être réconfortantes pour ses fans et permettent de continuer à faire vivre sa musique auprès d’eux, pour autant à quel point le marketing et l’exploitation commerciale de ses projets entrent en jeu ? La question est délicate, et même si les propriétaires de l’héritage musical de Mac Miller reste sa famille, on peut comprendre le malaise ressentis par certains face à des projets comme Balloonerism, non validé par l’artiste lui-même.