Barbara Butch, DJ, militante féministe et lesbienne, a été contrainte de suspendre son set au festival Cabaret Frappé à Grenoble, ce samedi 18 juillet, après qu’une centaine de militants pro-palestiniens l’aient sifflée et huée. Cela s’est passé à la suite d’un appel au boycott de LFI, après qu’elle a signé une tribune parue dans le journal Le Point, visant à adopter la très controversée loi Yadan.
C’est sur « Imagine » de John Lennon que la DJ Barbara Butch, connue notamment pour sa performance à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, a quitté la scène après 20 minutes de set au festival Cabaret Frappé. Cette dernière s’est fait huer, siffler et insulter par des militants pro-palestiniens. Selon les différentes versions, elle aurait aussi reçu des projectiles, notamment des bouteilles. La ville de Grenoble a décidé de suspendre le concert pour des raisons de sécurité.
La DJ juive ciblée par LFI pour son soutien à la loi Yadan
Le concert de Barbara Butch était appelé au boycott par Allan Brunon, président du groupe La France Insoumise au conseil municipal de Grenoble, depuis le mois de mai dernier. Cela s’est passé après que l’artiste a signé une tribune dans le journalLe Pointen faveur de la très controversée loi Yadan. Cette loi, proposée par Caroline Yadan, du parti Renaissance, visait à “lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme”. Ce projet a été abandonné depuis le mois d’avril. En effet, une pétition a récolté plus de 700 000 signatures sur la plateforme de pétition de l’Assemblée Nationale contre ce même projet. D’autre part, des rapporteurs de l’Organisation des Nations Unies ont exprimé leurs préoccupations, dénonçant les risques de cette dernière en matière de liberté d’expression. Allan Brunon, présent lors de l’incident, s’est félicité d’une « manifestation pacifique » et a affirmé qu’aucun projectile n’aurait été lancé lors du concert.
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Le soutien de la région Isère et la mairie de Grenoble
Barbara Butch a répondu sur ses réseaux sociaux, après la signature de la tribune, qu’elle souhaitait avant tout lutter contre l’antisémitisme, et qu’elle était d’accord avec le fait qu’il y avait des choses à modifier sur cette loi. Le département de l’Isère ainsi que la maire de Grenoble, Laurence Ruffin, ont décidé de la maintenir à la programmation du festival au nom de la liberté d’expression et de création. Samedi, l’adjoint à la culture de la mairie de Grenoble a pris la parole sur scène après les incidents et a réaffirmé cette pensée. Il assume aussi de ne pas minimiser les conséquences du génocide à Gaza, en Palestine. Il affirme aussi regretter qu’une femme queer, militante féministe et lesbienne, ait reçu des projectiles à la figure.
































































