Le 11 août, Spotify a annoncé lancer mi-septembre son badge « AI Persona ». Cette nouveauté, qui apparaîtra au côté des profils dont l’identité publique semble être générée par IA, naît d’une volonté de transparence de la plateforme. Alors que l’IA menace chaque jour un peu plus l’industrie musicale, Tsugi vous explique cette nouveauté. 

Pour la plateforme, « Une véritable connexion entre les fans et les artistes se fait sur la base de la confiance et de l’authenticité ». Pour s’en assurer, Spotify continue les démarches pour mettre en avant l’identité des artistes. Plus tôt dans l’année, un rapport de la plateforme informait que son programme « Artist Identity & Trust » était une de ses priorités. Il est clair que l’IA s’impose comme un défi majeur pour l’industrie musicale puisque, en avril 2026, la plateforme de streaming Deezer annonçait que les morceaux générés par IA représentaient 44% des nouveaux titres publiés quotidiennement. Les plateformes qui comprennent qu’il est impossible d’empêcher la création de ces morceaux se tournent donc vers leur régulation.

Un label « IA Persona »

Dans le but de différencier les profils d’artistes générés par IA de ceux authentiques, Spotify s’apprête à mettre en place, dès mi-septembre, un label « AI Persona » : une étiquette qui s’affichera sur le profil des artistes dont l’identité publique semble avoir été créée par une intelligence artificielle. Mais alors comment ce label sera-t-il attribué ? Et bien, Spotify croit en l’honnêteté de ces artistes artificiels. Globalement, les personnes derrière les profils pourront — et devront — elles-mêmes s’identifier en tant que telles. De son côté, Spotify aura aussi la possibilité d’analyser les profils susceptibles d’être portés par une IA et de les labelliser après vérification.

Spotify
Présentation des différentes étiquettes « AI Personna » © Spotify

Alors, ça change quoi exactement ce label ?

Spotify s’engage à ne pas promouvoir les artistes avec le badge « AI Persona ». C’est-à-dire que les morceaux de ces derniers n’apparaîtront pas dans l’algorithme de recommandation. À moins d’être abonné à un de ces « artistes », les titres générés par IA n’intégreront pas les playlists personnalisées et éditorialisées, pour mettre en avant les profils authentiques.

Pour Spotify, cette nouveauté « concerne l’identité publique de l’artiste, et non la manière dont la musique a été créée ». On comprend donc que ce badge ne touchera pas les artistes — humains — utilisant l’IA dans leurs processus créatifs, simplement les identités présentées comme de vraies personnes, pourtant construites via une IA. Alors que 97% des auditeurs estiment ne pas pouvoir reconnaître une musique générée par IA, la mise en place de ce badge cherche à mettre au centre de ses préoccupations la transparence entre artistes et fans plutôt que la problématique des créations via intelligences artificielles.

Des « artistes » aux milliers d’écoutes

Jusqu’à maintenant, les artistes générés par IA étaient justement poussés par l’algorithme Spotify. On pense notamment à la « chanteuse » néo-soul Sienna Rose qui a accumulé des milliers d’écoutes ou encore au groupe de rock made in seventies The Velvet Sundown qui n’existait en fin de compte pas vraiment. « Nous savons que l’écosystème musical évolue, alors notre approche aussi », témoigne la plateforme. Un discours qui ne rassure pas quant à la lutte de la plateforme contre la génération de contenus via IA.

Alors que les procès au sujet des droits d’auteurs s’enchaînent et que l’intelligence artificielle s’empare de nouveaux terrains de l’industrie musicale, certaines plateformes comme Deezer et Apple Music ont fait le choix de démonétiser les morceaux générés par IA et de les retirer du pool de royalties. La démarche de Spotify, quant à elle, ne règle qu’un aspect du danger de l’avancée de l’IA sur le marché musical. Le projet est tout de même une avancée conséquente pour la transparence artistique, mais la question de la marchandisation reste tout de même floue.