Du 3 au 17 octobre se tiendra le mythique Nancy Jazz Pulsations. Dans une ère où tout est éphémère, rares sont les événements qui, de par leur longévité, deviennent des institutions. Le festival Nancy Jazz Pulsations fait partie de ces rares acteurs culturels. En effet, depuis plus de cinquante ans, il s’efforce de mettre en avant le jazz et les musiques actuelles sous toutes leurs formes. Et cette édition 2026 ne compte pas déroger à la règle. Tour d’horizon de la programmation.
Le jazz reste le cœur palpitant de Nancy Jazz Pulsations. Mais, c’est un jazz qui vit avec son temps. Un jazz libre, vibrant et audacieux. La programmation souhaite mettre en valeur une nouvelle scène internationale en pleine effervescence. Derrièr, il y a l’idée de l’histoire, du geste musical fondateur, d’une mémoire sonore. Le festival explore la manière dont ces héritages se mettent en mouvement, portés par une nouvelle génération d’artistes qui transcende les genres, dialogue avec ses influences et renouvelle le paysage musical actuel. Au travers des différentes salles, une idée du dialogue est mise en place, allons nous immiscer au sein de cette discussion.
Un jazz qui ne se fige pas
Cette programmation, comme expliqué ci-dessus, cherche à faire du jazz un point de rencontre avec les musiques électroniques, le rock, le rap ou encore les musiques psychédéliques. À l’Autre Canal, l’une des salles qui accueillera le festival, cette volonté se dessine autour de plusieurs acteurs. Émile Londonien s’associera au dessinateur Pierre Henry Gomont pour un BD-concert improvisé. Bon Entendeur présentera un show entre french touch, disco et musiques électroniques. Temples fera dialoguer ses guitares avec des sonorités dance des années 1990, tandis qu’Altin Gün convoquera son psych-funk anatolien. Des croisements qui illustrent bien l’idée défendue par le festival.
- À lire aussi sur tsugi.fr : Transe, free et punk : la scène jazz de Toulouse casse des briques
L’événement s’amuse avec le curseur du jazz en poussant les hybridations. C’est surtout là que réside l’intérêt de cette programmation. Cette logique se retrouve également dans les propositions de la salle Poirel. Le rappeur Médine y présentera Enfants du destin, une création hybride entre concert acoustique et théâtre, tandis que Yael Naim fera dialoguer électronique et orchestration. La Casablancaise Meryem Aboulouafa, elle, tissera des liens entre traditions marocaines, rock et pop.
Dépasser les frontières
Détrompez-vous, le décloisonnement est loin de se limiter aux musiques occidentales. Le NJP regarde également vers d’autres horizons musicaux. À l’Opéra national de Nancy-Lorraine, Dhafer Youssef présentera un projet où traditions soufies, oud et jazz contemporain se rencontrent. À la manufacture, le Sud-Africain Nduduzo Makhathini puisera quant à lui dans les traditions zouloues et dans le jazz spirituel de John Coltrane. Un dialogue qui va se poursuivre ailleurs dans la programmation, avec notamment Christine Zayed, chanteuse et joueuse de qanun palestinienne, qui explore la musique arabe classique et l’improvisation au CCAM (Centre Culturel André Malraux).
Le chapiteau
Avec une programmation qui s’articule autour d’un genre chaque jour, le chapiteau permet de créer un line-up plus grand public avec des noms qui ont tendance à rassembler en France. Bertrand Belin pour la pop/folk, DUB INC au reggae, Houdi pour le rap, Miki à la pop, Pete Doherty au rock et Daoud pour conclure sur une note de jazz. C’est une preuve supplémentaire de l’éclectisme et de la qualité de curation dont fait part le NJP.
Un festival qui regarde devant
Après plus de cinquante ans d’existence, le Nancy Jazz Pulsations semble avoir fait le choix du futur et de miser dessus. Du jazz spirituel aux musiques électroniques, du rap à la folk, du rock au psych-funk, le festival ne cherche pas nécessairement à faire entrer toutes ces musiques dans une même case. Il les fait simplement cohabiter, dialoguer. Voilà la force de cette édition 2026 : faire vivre un héritage sans le transformer en monument. Alors pour faire vivre cette dynamique, c’est ici !
- À lire aussi sur tsugi.fr : Solann·Yoa·Iliona·Miki : micros ouverts, cœurs à nu




























































