Ce samedi 24 octobre, on a mis le cap vers La Rochelle et jeté l’ancre à La Sirène pour assister au SWIM festival. Lors de cette seconde édition, on a multiplié les allers-retours entre les deux scènes de la salle pour assister aux florilèges de concerts proposés par le festival. Entre artistes en devenir et groupes bien établis, l’événement fait la part belle aux musiques indépendantes et alternatives dans un esprit résolument rock.
Par Valentin Boero
Avis de tempête sur La Rochelle. Ce samedi 24 octobre 2026, la météo comme les manifestations ont fait rage dans la ville côtière, pris au cœur d’un vent infernal et d’une colère populaire qui ne faiblit pas. Dans ce contexte, l’objectif de notre venue est pourtant tout autre : le SWIM (pour Sirène West Indie Music). Le festival inaugure sa seconde édition dans l’enceinte de La Sirène, qui fête ses quinze ans d’existence cette année.
Ancien hangar portuaire datant de 1920, cet espace musical fait la part belle aux artistes indépendants venus de tous horizons musicaux. Le lieu culturel accueille régulièrement en résidence de grands noms de la scène comme Chassol, Dominique A ou encore French 79. Pas d’exception pour le SWIM, qui revêt un habit plus rock dans sa programmation, tout en conservant cette volonté de mettre en avant des artistes émergents. Le temps d’une soirée, on a navigué dans le festival pour vous donner envie de venir avec nous l’année prochaine !
Sous le vent de l’ouest
À peine arrivés à La Rochelle sous un vent à décorner les bœufs (oui, on ressort des expressions d’un autre temps), on embarque dans une navette direction La Sirène pour assister à nos premiers concerts de la soirée. En chemin, une petite rencontre avec le cortège de la manifestation de ce samedi, parsemée de coups de klaxon intempestifs et de slogans échangés à la volée, nous met tout de suite dans de bonnes dispositions pour ce qui nous attend.
Pour inaugurer la scène Club du festival — la plus intimiste des deux —, Zoe Heselton nous a gratifiés d’une performance mémorable. Tantôt mélodieuses, tantôt dissonantes, ses chansons sont traversées par une tonne d’influences (folk, blues, noise…) et marquent surtout par leurs textes. La chanteuse d’origine britannique possède un talent de poétesse et déclame parfois ses paroles engagées sous des airs de slam. Elle a par ailleurs dédié son concert aux lycéen·nes et manifestant·es, et plus globalement à toutes les personnes qui luttent contre le fascisme.

Pas le temps de souffler
On enchaîne presque instantanément avec le concert de Martial Arts sur la grande scène, aka Le Cap. Et une chose est sûre, la formation venue tout droit de Manchester en a sous le capot. Leur musique dégage une énergie post-punk brute et violente, au point d’exploser l’ampli d’une des guitares dès le premier son (ça, c’est rock). À peine remis de nos émotions, on redescend au premier étage sur la scène Club. Et là, on se mange une claque qui répond au nom de Dééfait. Le groupe français mené par le Mexicain Ric Lara propose une expérience noise rock assez unique, rythmée par les complaintes de son leader qui alterne entre l’anglais, l’espagnol et le français. Les sonorités psychédéliques et krautrock des morceaux ont su nous fasciner, et ce concert représente sans aucun doute notre bonne surprise de la soirée.
Allez, on se ravitaille et on retourne monter des marches — les escaliers de la salle ont autant marqué notre festival que les concerts, c’est dire — pour se rendre devant une autre très bonne surprise : MEMORIALS. Le duo britannique, qui réunit Verity Susman (fondatrice du groupe Electrelane) et Matthew Simms (guitariste de Wire) en son sein, alterne brillamment entre pop expérimentale et rock psyché. La formation nous a même gratifiés d’un magnifique passage au saxophone, et on les en remercie.

Une conclusion en trombe
On reprend Le Cap vers la grande scène pour le show d’It It Anita. Au cas où vous ne connaîtriez pas, c’est un petit groupe belge de noise rock qui envoie du très, très lourd. Les deux chanteurs se répondent dans leurs morceaux, qui alternent entre paroles mélodiques et growl agressif. Vous le voyez venir, on ne pouvait pas échapper aux slams et pogos, et même si la moyenne d’âge y était assez élevée, on peut vous dire qu’on y a laissé des forces. Mais pas assez pour nous décourager d’aller voir Heartworms, peut-être le concert qu’on attendait le plus. On n’a évidemment pas été déçus par Jojo Orme, véritable queen qui se cache derrière cet alter ego, et qui nous a offert un show théâtral, rageur et mélancolique. Petit point bonus pour son utilisation impeccable du thérémine, ça fait toujours plaisir.

On conclut cette belle soirée avec la folle énergie de lttl mort, projet solo du Londonien Jazz Pope entre synth-pop et techno industrielle, et le concert de Koudlam qui vient parachever notre festival. On a vibé devant « See you All » avant de devoir partir en catastrophe pour ne pas manquer la dernière navette de 2h30 (c’était dur mais il fallait bien rentrer chez nous). Notre bilan : la programmation nous a évidemment frappés de sa qualité, entre concerts attendus qui ont répondu à nos espérances et découvertes de groupes singuliers et profondément talentueux. On va les réécouter plus en profondeur avec le sourire et on espère qu’on vous a donné envie d’en faire autant !
Meilleur moment : le moshpit tunnel qui dure pendant la bonne moitié du concert d’It It Anita (on en n’est pas sortis indemnes…)
Pire moment : les pauses clopes à l’extérieur sous des rafales de vent apocalyptiques, on a perdu une grande quantité de filtres dans la bataille




































































































