Pendant trois jours et trois nuits, Tsugi a arpenté les chemins, traversé les fleuves et exploré les bois du Square Bayard de Charleville-Mézières. Eh oui, le Cabaret Vert, ça ne plaisante pas, et avec un terrain de jeu de quinze hectares pour quatre scènes, il fallait avoir du cardio ! Allez, on vous fait découvrir tous les univers cachés de ce coin de verdure ardennais entre rock, musiques électroniques pop et même reggae.
Cette année, le Cabaret Vert soufflait la bougie de ses 20 ans — ça grandit si vite — et nous sommes ravis de ne pas avoir manqué ces festivités ! Il s’en est passé des événements en deux décennies, et avant 2006, le Square Bayard n’avait pas du tout la même tête. Pour l’anecdote, ces quinze hectares étaient totalement laissés à l’abandon avec des herbes frôlant les 1m50 et des piles de déchets à ciel ouvert. À présent, une fois par an, il devient le théâtre d’une célébration culturelle, pensée comme une expérience sensorielle. Chaque scène est construite pour raconter une culture et son histoire, on peut dire que l’immersion y est totale !
Du rock et des cheveux longs
À la base, le Cabaret Vert est un festival de rockeurs et ça, ça ne s’est pas perdu. À notre arrivée sur la scène principale jeudi, le ciel arborait une sombre couleur anthracite, parfait pour illustrer les guitares stridentes et la batterie violente de Body Count. On promet que les bouchons d’oreilles étaient bien en place. Autour de nous, des cheveux longs et des barbes épaisses, les plus âgés s’assoient sur leurs sacs, et les plus jeunes sur les épaules de leurs parents.
Alors que le soleil se couche, les pogos s’enchaînent devant Turnstile sur cette même scène — croyez-nous, on était bien tranquille au fond. Pour autant, aucune fatigue en vue quand Deftones s’est emparé de la scène. Même si elles sont invisibles dans le ciel, une constellation d’étoiles s’invite sur les écrans du groupe, l’une d’entre elles file et nos vœux sont exaucés à l’écoute des guitares de « Cherry Waves ». Le lendemain, nous sommes allés jeter un coup d’œil au concert de Nick Cave and the Bad Seeds. Pendant 2h30, le décor, les chœurs, les solos de violon et le piano de Nick Cave nous ont donné des frissons. Une chose est sûre, le chanteur aime son public, au point de surfer sur la foule trois fois en une heure…
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Partant pour taper du pied dans les bois ?
Au loin, dans une forêt aux troncs d’arbres vertigineux, résonnaient des basses vibrantes. Un pont à traverser et nous voilà dans la « Cathédrale électronique » comme aime l’appeler Christian Allex, le directeur artistique du festival. Pour autant pendant la journée, la scène GreenFloor accueillait des artistes rap comme la rayonnante 2L, qui termine son set sur un freestyle old-school ou notre pirate préférée LinLin entre rap et musique électronique.
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Dès la nuit tombée, les stroboscopes s’intensifient et le terme de cathédrale électronique prend tout son sens. Le takeover de Teletech du jeudi nous a fait danser pendant six heures non-stop, en commençant par la techno hard groove de Fumi, étoile montante du collectif 240kmh. On s’est déhanché sur le UK garage de Interplanetary Criminal et les basses bouncy du duo X CLUB., avant de finir avec le b2b éclectique de LB aka Labat et Partiboi69.
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Il était difficile pour nous quitter cette scène, surtout quand on découvre de nouvelles pépites comme Lou Nour qui a enflammé le dancefloor vendredi avec sa dubstep avant de laisser place au gabber distordus de Kimberlaid le lendemain — on ressent encore les vibrations traverser notre coeur — et à la schranz galopante de LESSSS, qui finit son set en invitant LinLin pour une exclusivité : c’est le duo dont on avait besoin !
Pourtant, même si on aurait aimé les voir dans cette forêt enchantée, certains noms méritaient de plus grosses scènes et Brutalismus 3000 en fait partie. Dès notre arrivée, l’énergie de la scène était palpable, et comme si les festivaliers ne transpiraient pas déjà assez, le duo a eu l’excellente idée d’apporter des lance-flammes sur scène. Même au fond de la foule on rôtissait comme des poulets. Bien évidemment, ces quelques degrès en trop ne nous ont pas empêchés de profiter de chaque drop. La veille, Sebastien Tellier performait sur cette même scène ses morceaux electro-pop, avec sa casquette et son bomber à paillette. On a du mal à se dire que moins de 24 heures séparaient les deux performances.
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Pour ce qui est des big boss, le duo Underworld a conquis la scène principale, avec des productions et un jeu de lumière directement sortis de l’univers de Matrix. Alors que Karl Hyde s’ambiancait lui même avec des pas de danse à la John Travolta, Rick Smith était hypnotisé par ses machines. Une heure et dix minutes sont passées en quelques secondes, et l’émotion était à son climax quand les synthétiseurs emblématiques de « Born Slippy (Nuxx) » ont retenti, faisant remonter à la surface toutes nos années de raves comme un tsunami.
Un peu de pop ça ne fait de mal à personne
Le Cabaret Vert met vraiment tout le monde d’accord, puisqu’en plus du rock et des musiques électroniques, la pop était aussi au rendez-vous. On peut vous dire que la liste des boss ladies qui nous ont fait danser était bien remplie. Miki a fait de nous ses petites particules, et on a adoré ! Elle a terminé son set non pas en « miki cowboy », mais bien en miki rockstar, en surfant sur la foule.
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ADÉLA, quant-à elle, nous a laissé bouche-bée. La slovaque aux cheveux rose est le parfait mélange entre l’assurance de Britney Spears, les chorégraphies de Madonna et les productions de Charli XCX, faisant d’elle LA pop girly à suivre ! Enfin, comment ne pas mentionner la Boss Lady originelle qui signait la dernière date de sa tournée au Cabaret Vert ? Theodora ne déçoit jamais et a encore une fois fait trembler son public. En grande dame, elle donne l’exemple à de nombreuses petites filles, plantées au premier rang et connaissant tous les morceaux sur le bout des lèvres.
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Un festival encré dans la culture locale
Le Cabaret Vert, c’est avant tout une volonté de mettre en avant une culture locale. Et on l’avoue, les Ardennais savent comment faire la fête. En plus d’avoir une proposition culinaire à base de Flamenkuche végétarienne, de sandwich de raclette et de Maroilles — on s’est régalés — le festival a dédié une scène entière à des artistes locaux. La ZionClub a mis à l’honneur la culture des Sound Systems avec Kiraden aux commandes. Aucune pause, les DJs s’enchaînent et mixent avec des vinyles. Les enceintes placées derrière les festivaliers : ici on danse pieds nus et au plus proche des caissons. La programmation est 100% locale, mais aussi 100% reggae et dub, alors parfois, ça faisait du bien de s’y détendre, assis sur les transats XXL, face au spectacle.
Après ces trois jours à gambader de tous les cotés, sans oublier l’arrêt au coin BD et à la zone arts de rues, nous repartons avec pleins de souvenirs dans la tête. Alors oui, la programmation joue beaucoup, mais ce qui compte le plus pour nous c’est l’expérience vécue, et pour le Cab — abréviation utilisée par les adeptes — c’est 5/5 !

























































































