Le projet de loi RIPOST — Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité — a été adopté par le parlement ce 21 juillet 2026 avec 351 voix contre 179. Les free parties se retrouvent au cœur de cette loi « liberticide », qui vient davantage réprimer ce mouvement en le criminalisant. 

En mai dernier, le Sénat adoptait en première lecture le projet de loi RIPOST. Porté par le Ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, ce projet venait renforcer celui de la proposition de loi 1133, initiée par le parti Horizons. Elle visait déjà à agrandir l’arsenal répressif contre les free parties et les raves. Le 20 juillet, le ministre de l’Intérieur nous annonçait que les députés et les sénateurs s’étaient mis d’accord sur le projet de loi à la suite d’une commission mixte paritaire. Le 21 juillet, la proposition de loi RIPOST a définitivement été adoptée. Les mobilisations des acteurs de la scène, des associations ou encore des élus n’auront pas suffi face à l’alliance des votes du Rassemblement Nationale, des groupes de droite et du bloc central.

Des mesures « sécuritaires »

Laurent Nuñez peut passer un été tranquille puisque l’essentiel de la proposition de loi a été validé. Aux côtés de la création d’un délit d’inhalation de protoxyde d’azote — puni d’un an de prison et de 3750 euros d’amende — et une peine renforcée contre les rodéos urbains, les free parties restent dans la ligne de mire. Ce projet de loi, qui serait un « choc d’autorité et un choc d’efficacité », selon le ministre de l’Intérieur et qui vise à renforcer « la sécurité au quotidien », durcit surtout la législation autour des free parties — grand fléau de notre génération pour certains — déjà fortement réprimées.

La fin des free parties ?

Alors que le projet de loi 1133 prévoyait une amende de 5000 euros pour les organisateurs d’une free party, on grimpe d’un échelon avec la loi RIPOST : l’amende passe à 30 000 euros avec deux ans d’emprisonnements. Un second délit apparaît, celui de participation, passible de six mois de prison et 7500 euros d’amende pour les teufeurs. Comme prévu, tout événement de plus de 250 participants devra être déclaré à la préfecture contre 500 participants jusqu’à maintenant. Ici, faire la fête est criminalisé pour protéger les citoyens, notamment de la consommation de drogues qui peut entourer ce milieu. Pour autant, à travers ces mesures inédites, la prévention se voit remplacer par la punition.

En mars dernier, une tribune signée par Laurent Garnier, ascendant vierge, ou encore Acid Arab et u.r.trax — entre autres — s’adressait directement à la criminalisation des free parties de la loi 1133. À cet appel au soutien, se sont ajoutés des mouvements de contestations à travers la France. Le collectif Tekno Anti Répression s’est mobilisé de nombreuses manières ces derniers mois avec un communiqué de presse après le Teknival de Bourges — durant lequel une saisie de matérielle inédite avait eu lieu, dont 168 enceintes, sept tables de mixages ou encore deux platines de mixage —, un contre rapport de la loi RIPOST ou encore une pétition contre la loi 1133. Ce même collectif a participé à la mise en place des Manifestives — manifestations festives et revendicatrices — dans 27 villes de France. Au total, 66 000 personnes se sont retrouvées dans les rues de Paris, Bordeaux, Rennes ou encore Lyon pour défendre les fêtes libres, en musique et en communauté.