Vous en avez marre de ne jurer que par un algorithme pour vos découvertes musicales ? Eh bien nous aussi ! C’est pour ça que la semaine après semaine on vous dénonce le meilleur des sorties musicales. Au programme : l’électro-organique d’Âme, la pop club de Shygirl, les machines abrasives de Boys Noize, le soft rock de Django Django, l’électronique expérimentale de Polygonia et Simon Popp, l’electro punk de Bassvictim, la techno hypnotique de BASHKKA, la pop expérimentale de Saya Gray, l’éclectisme de Maddy Street et l’electro-clash de PAR.SEK.
Par Marion Arcens et Arnaud Larue
Âme – Love Is The Dance
Plus de vingt ans après ses débuts, Âme revient avec Love Is The Dance, son nouvel album à paraître le 6 novembre sur Innervisions. Le duo allemand formé par Frank Wiedemann et Kristian Beyer y poursuit son exploration d’une musique électronique largement inspirée par la house et la techno, mais nourrie également de funk, de dub, d’ambient et de sonorités plus organiques. Un disque qui témoigne surtout de leur volonté de faire dialoguer leurs différentes influences, de Detroit à l’héritage de Compass Point, sans chercher à reproduire une formule.
À cette diversité musicale s’ajoute une impressionnante liste de collaborations. RY X, Rhye, HenrikSchwarz, Busiswa, Trikk ou encore KÁRYYN viennent ainsi poser leurs voix et leurs univers sur les productions du duo, apportant au disque des couleurs parfois plus soul, parfois plus expérimentales. « Don’t Waste My Time », avec Trikk et Jens Kuross, ou « Love Is The Dance », porté par RY X, illustrent notamment cette volonté de faire cohabiter l’efficacité du dancefloor avec une approche plus contemplative. Avec ses treize morceaux, Love Is The Dance ressemble ainsi moins à un retour nostalgique qu’à une mise en perspective de tout ce qui a construit Âme depuis ses débuts. Un album où le duo regarde autant derrière lui que vers de nouveaux territoires, en faisant de la rencontre entre ses différentes influences son principal terrain de jeu.
AL
Shygirl – SWALLOW!
Vous souvenez-vous de ce moment bien particulier où vous êtes tombé·es amoureux·ses ? Le moment où naissait le romantisme ? Si non, Shygirl va vous rafraîchir la mémoire avec son nouvel album,SWALLOW!. Pour ce disque profondément plus intime, sorti chez Because Music, l’artiste britannique ne laisse pas l’électronique de côté mais explore clairement de nouvelles sonorités plus organiques. Épaulée par les producteurs Karma Kid et Casey MQ, la chanteuse injecte à l’album des guitares, des pianos et des cordes pour un rendu hybride et hypnotisant.
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Comme à son habitude, Shygirl nous sert un projet hyper magnétique et semble se mettre à nu devant nous pour partager un moment de sa vie particulièrement fort. En parlant de tomber amoureux·se, on a eu un gros coup de cœur sur « Mantra », ce morceau complètement euphorique qui pourrait être un hymne à l’alignement de soi et au lâcher-prise face aux autres. Le morceau qui clot l’album, « Eternal », voit Shygirl adopter une voix presque surnaturelle dans son chant, ce qui donne une atmosphère complètement planante et envoûtante. C’est finalement peut-être d’elle qu’on est en train de tomber amoureux·euses ?
MA
Boys Noize – 7LLVSION
Cinq ans après son dernier album solo, Boys Noize revient avec 7LLVSION, sorti sur son label Ones And Zeros. Avec ce huitième disque, Alex Ridha poursuit cette approche hybride qui traverse toute sa carrière, entre techno, électro, rave et culture punk. Les productions conservent cette énergie brute et abrasive qui caractérise le producteur allemand, tout en s’ouvrant à des sonorités venues de différents horizons.
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À l’image de « Nächstenliebe », enregistré avec Brutalismus 3000, l’album joue avec les textures industrielles et les rythmiques physiques, mais ne se limite pas à cette esthétique. Boys Noize multiplie les collaborations avec ZEP, Safety Trance, ABRA, TAICHU ou encore Maya Alkhateri, tandis que des morceaux comme « Baile DF » explorent d’autres territoires rythmiques. 7LLVSION apparaît ainsi comme un nouveau chapitre d’une discographie construite autour du mélange des genres, où l’énergie des clubs reste le principal point d’ancrage.
AL
Django Django – Doveland
Doveland, c’est une ville fantôme perdue dans le Wisconsin, qui n’apparaît sur aucune carte. L’album de Django Django, qui se nomme ainsi, raconte leur voyage imaginaire à travers les États-Unis pour retrouver cette contrée fort lointaine — sûrement pas aussi lointaine que le marais de Shrek. Pour cette sortie chez Clouds Hill, le groupe mêle les guitares acoustiques aux influences folk et les productions électroniques blues auxquelles on est plus habitué·es.
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Pensé comme une narration, le projet de Django Django est porté par douze titres. D’un côté, on a des morceaux qui sentent le feu de camp avec un spleen acoustique, comme l’ouverture « Meteorite ». De l’autre, des morceaux aux beats hypnotiques à en réveiller les fantômes de cette ville étrange. Le disque est à la fois envoûtant et intimiste. Si on devait choisir l’album parfait pour un road trip aux US à bord d’une ancienne décapotable, ça serait sûrement celui-là.
MA
Polygonia, Simon Popp – Apiformes
Après Candid, Polygonia et Simon Popp poursuivent leur dialogue avec Apiformes, leur deuxième projet commun, à paraître le 6 novembre sur Squama. Né à partir de quatre concerts improvisés, le disque transforme ces enregistrements live en une matière organique où percussions acoustiques, synthétiseurs, voix et percussions polyrhythmiques se fondent dans un ensemble difficile à attribuer à l’un ou l’autre des musiciens. Une rencontre entre jazz, ambient et électronique expérimentale, traversée par une énergie aussi spontanée que minutieusement construite.
Inspiré par les abeilles, Apiformes étant leur nom scientifique, l’album traduit la complexité d’une ruche en six compositions aux structures mouvantes. Une approche qui correspond parfaitement aux univers des deux artistes. Polygonia navigue depuis plusieurs années entre UK bass, footwork, IDM, ambient et techno, tandis que Simon Popp, percussionniste formé au jazz, développe une musique fondée sur l’expérimentation et les happy accidents. Avec Apiformes, leur complicité donne naissance à un disque aussi imprévisible qu’habité, où l’improvisation devient la composante principal.
AL
Bassvictim – PEACE + WAR
Il est 11h du mat’ et pourtant, avec ce nouvel album de Bassvictim, on n’a qu’une seule envie : aller danser dessus en club. Seulement quelques mois après la sortie de son dernier EP, le duo londonien revient en force et livre aujourd’hui PEACE + WAR sur le label VOTB. En seulement deux ans, ce disque est déjà le quatrième projet des deux artistes (il y en a qui ne chôment pas…) Oubliez la lo-fi calme, la chanteuse Maria Manow et le producteur Ike Clateman nous font entrer dans une ère beaucoup plus électro-punk.
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À l’image de son titre, le disque montre une forte dualité. Les lignes de basse distordues se cognent à des sonorités club plus frénétiques. La voix de Maria oscille entre hurlements et murmures. D’origine polonaise, la chanteuse nous partage une partie de son enfance avec Jagódki (« Myrtilles » en polonais). La comptine traditionnelle a été reprise en version électronique et saturée pour lui donner un effet carrément plus sombre. Et parce qu’après la tempête vient le calme, le duo a même l’amabilité de nous dire au revoir tout en douceur avec le titre de fin « The End ».
MA
BASHKKA – CORE
Après une apparition remarquée dans la série fabric, BASHKKA fait ses débuts sur fabric Originals avec CORE, un EP de quatre titres pensé comme un retour aux fondamentaux de sa musique. La productrice turco-américaine y privilégie une approche dépouillée et construite autour de répétitions et de voix utilisées comme matière sonore. Un disque qui cherche la connexion directe avec le dancefloor.
Cette volonté de revenir à son ADN musical s’incarne notamment dans « Surrender », construit autour d’un murmure scandé qui se répète au-dessus d’un groove implacable, tandis que les trois autres morceaux prolongent cette exploration de la tension, du mouvement et de la répétition. Né d’une période de remise en question personnelle, CORE est décrit par BASHKKA comme une forme d’« excavation », destinée à se débarrasser des attentes accumulées autour de son parcours pour retrouver une musique plus instinctive. Entre house, techno et cultures club, l’EP marque ainsi un nouveau chapitre pour une artiste dont les années passées entre New York, Berlin, Londres ou Amsterdam ont nourri une approche particulièrement physique de la musique électronique.
AL
Saya Gray – QWERTY III
C’est le retour de notre nippo-canadienne préf’. Après QWERTY et QWERTY II sortis en 2023 et 2024, la productrice et musicienne Saya Gray livre un troisième volet, QWERTY III, sur le label Dirty Hit. La mixtape de 19 minutes est hyper expérimentale, naviguant entre pop déconstruite, glitch-grunge et R&B. Les productions électroniques y sont découpées, retravaillées et construites comme des collages. On y retrouve des notes vocales personnelles, des enregistrements de cassettes ou même des morceaux de sessions lives précédentes, comme dans le titre « GUANYIN 06/10/25 ».
Avec cet EP plutôt décousu, l’artiste tient une sorte de carnet de bord sonore très honnête de cette époque étrange et transforme le chaos contemporain en une œuvre brute. Le projet s’ouvre avec « YOU??? HUH??? », un morceau grunge aux guitares saturées, et se clôture avec « 2 2 BABOON.. » mêlant une alt-country et des bruitages expérimentaux. On y retrouve un travail qui s’éloigne clairement d’une pop classique et qui ne trouverait pas sa place dans l’un de ses albums traditionnels.
MA
Maddy Street – No Limits
Il est temps de mettre un petit coup de pied dans l’industrie de la musique qui s’obstine à vouloir ranger chaque artiste dans une case. C’est précisément ce message que Maddy Street veut faire passer à travers sa nouvelle mixtape : No Limits. Dévoilé pièce par pièce au fil de l’année avec un single tous les deux mois, ce projet repousse toutes les frontières (c’est dans le titre, il faut suivre…) en mêlant post-punk, électro, hyperpop et rap.
Mais l’artiste ne se contente pas de dénoncer l’industrie musicale. À travers des couplets rap-pop, iel répond à l’absurdité du monde et des humains. Petit coup de cœur pour le titre « Problem » qui s’attaque à la masculinité toxique, à la binarité des genres et aux hommes qui ne pensent qu’à leurs biscottos (merci de dire les termes). Ce disque frontal confirme que l’artiste normand·e possède une énergie folle et des discours encore trop peu entendus. Maddy Street sera présent·e à la Maroquinerie le 11 décembre prochain pour sa release party. On y sera, évidemment.
MA
PAR.SEK – TOUT RECOMMENCER
Déposé sur Terre lors d’une éclipse solaire, d’après ses dires, PAR.SEK cultive une pop alternative hybride, quelque part entre électrotrash, chanson à texte et esthétique numérique. Formé en 2019 par Simon, puis rejoint par Manon, le duo construit un univers aussi sonore que visuel. Leurs morceaux mêlent spleen, humour acide et énergie électronique, tandis que les concerts se transforment en véritables expériences.
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Entre ascendant vierge, Yelle, Sexy Sushi, Kompromat ou encore Vitalic, PAR.SEK revendique une musique difficile à enfermer dans une case. Révélé par les iNOUïS du Printemps de Bourges, le duo navigue entre Paris et Clermont-Ferrand et s’est notamment produit en première partie de Ditter, Théa, THX4CRYING ou Loa Mercury. Avec Manon au chant et Simon aux machines, le projet cultive une esthétique volontairement excessive, où les punchlines côtoient les envolées cosmiques et où l’ironie sert autant à dépeindre l’époque qu’à lui échapper
AL

























































































































































