Ding, ding, ding c’est l’heure du rendez-vous hebdomadaire des sorties de la semaine ! On sait, vous avez poncé nos dernières recommandations et vous n’avez plus rien à vous mettre sous la dent. Pas de panique, vos tsugistes ne vous laisseront pas tomber même en cette période estivale assez calme. Au programme : les productions extra-terrestres d’Arca, des remixes profondément club de Fcukers, la deep techno de Justine Perry et Paula Koski, un saut dans le temps avec le UK garage old school d’Osmosis Jones et le RnB revisité d’aLex vs aLex.

Arca – XXXXX

Quelques jours plus tôt, Arca nous faisait découvrir son projet dans un livestream expérimental et ensanglanté. On comprenait alors déjà que XXXXX serait l’expansion de son univers extraterrestre. La cover de l’album — qui la met en scène nue, confondant son corps avec une machine futuriste — donne le ton : le projet nous amène à se questionner sur la confrontation entre l’organique et le cybernétique. Quelle est la place de l’humain auprès des machines ? Quelle est la place des machines auprès des humains ?

À travers les 16 morceaux, Arca entrechoque pop déconstruite, reggaeton ou encore sonorités club pour construire sa réflexion autour de la renaissance dans un environnement sonore obscur et violent. Entre textures métalliques, cloches sinistres, quelques cordes stridentes et des chuchotements qui hérissent les poils, l’album nous engouffre dans une dimension qui appelle à se reconnecter avec les parties les plus enfouies de nous-mêmes. Alors que le début de l’album est assez contemplatif et planant, « Fxck » ne remet pas l’église au milieu du village mais bien nos corps au milieu du dancefloor. Un mot pour décrire l’album ? Cathartique.

Fcukers – nüyork

Bon, c’est vrai qu’on vous parle beaucoup de Shanny et Jackson, mais franchement, on n’en a jamais assez de ce duo. Alors qu’ils étaient occupés à s’éclater au Brésil ces dernières semaines, Fcukers continue de faire vivre son album Ö à travers un — tout — petit EP de remixes. Trois tracks de l’album ont été retravaillés par Eli Escobar, Justin Strauss et Junior Sanchez, avec qui ils ont récemment collaboré sur un remix de Cassius.

On pourrait se dire que trois c’est un peu léger, mais quand les morceaux durent entre cinq et sept minutes, on arrête de se plaindre. Les trois remixes de nüyork conservent l’énergie singulière de chaque morceau original, l’énergie Fcukers qu’on adore. Transformer un titre reggae en hymne de club ? Un peu ambitieux, mais il vous suffit d’écouter « TTYGF (Junior Sanchez Remix) » pour  éliminer toute appréhension. Bon, l’EP nous a donné envie de nous refaire l’album… On revient !

Justine Perry, Paula Koski – Paired Works

Des fois, ça fait du bien de retourner à une bonne techno hypnotique et galopante. On peut compter sur Justine Perry et Paula Koski pour nous offrir des boucles groovy et incessantes sur un plateau d’argent. Pour ce projet, paru sur le label du Berghain Ostgut Ton, le duo franco-finlandais n’a pas produit ensemble mais parallèlement. Les deux DJ et productrices nous propose quatre tracks chacune, produites séparément, mais qui ont pris vie autour d’échanges créatifs entre elles. Paired Works nous expose alors deux mondes orbitants dans une même galaxie.

Justine Perry, qui ouvre le projet, nous tient en haleine en faisant monter une tension à base de productions texturées, de lignes de basse profonde et de synthétiseurs par-ci et par-là. Paula Koski quant à elle nous hypnotise avec des sonorités tout droit sorties des clubs berlinois dans lesquels elle s’épanouit depuis ces dernières années. Au fur et à mesure que l’album avance, une atmosphère sonique intense nous enveloppe, et on aimerait pouvoir danser dans cette bulle toute une nuit.

Osmosis Jones – Saturday

Non, on ne vous parle pas du film d’animation de 2001 — si ça ne vous dit rien, vous ne ratez pas grand-chose — mais du DJ Australien bien UK garage, bien club des années 1990 ! Dans Saturday, Osmosis Jones nous invite à sa propre fièvre du samedi soir. Image mentale : dans cette soirée, il fait chaud, des paillettes tombent sur le sol, les talons sont hauts et les pantalons taille basse. L’invité principal de cette soirée ? Bien entendu le groove, maître mot des quatre tracks du projet.

Il suffit de regarder la cover pour comprendre où est ce qu’on met les pieds. Vieillot ? On n’irait pas jusque là, mais on dirait que la direction artistique est ancrée dans la nostalgie des années 1990/2000 — plutôt sympa ce old school assumé. Entre basses rebondissantes, 2-step puis vocals R&B et soul, les productions nous invitent à nous balancer d’un côté et de l’autre, en nous laissant aveugler par les stroboscopes.

aLex vs aLex – a girl like me

aLex vs aLex c’est l’artiste à écouter dans sa vingtaine — et plus si vous le souhaitez, pas d’âgisme ici — pour calmer nos crises existentielles. Si il devait y avoir un endroit idéal pour écouter ce projet, ce serait notre chambre, un casque de musique sur la tête, emmitouflés dans notre cocon. Avec les trois morceaux de ce projet, la chanteuse nous fait naviguer dans ses tourments interne et spoiler alert : vous pourrez sûrement vous sentir concernés par plus d’un d’entre eux. Dès la sortie de son unique album qui mêle jungle et drum’n’bass — à écouter de toute urgence — on comprend que la Guatémaltèque est inspirée par ses allers-retours entre New-York et Berlin. a girl like me nous offre des productions entre R&B et pop alternative, portée par sa voix envoûtante et ça lui va tout aussi bien.

On avoue avoir un petit faible pour les paroles en espagnoles, on ne sait pas exactement pourquoi, mais cette langue est comme du miel pour nos oreilles. Dans ses clips, la chanteuse est éthérée, dansante et montre qu’elle peut exprimer ses émotions tant par sa voix que par son corps. En bref, on vient de la découvrir et on regrette qu’elle ne soit pas arrivée plus tôt dans notre playlist, mais mieux vaut tard que jamais comme dirait l’autre !