Qui dit vendredi dit… sorties de la semaine ! Autant vous dire que c’est un bon cru. Au menu nous avons : Charlie XCX qui opère un virage à 180 degrés en passant du dancefloor au rock’n’roll, une masterpiece 100% indie-rock de The Strokes, une compilation éclectiquement ibizesque du label Sapiens, de l’orfèvrerie techno chez le producteur VNTM et, last but not least, la mixtape contagieusement joyeuse de Lewis OfMan.
Charli XCX – Music, Fashion, Film
Si ce disque avait une odeur, il sentirait le cuir, la clope, le Chanel n°5 et la terre mouillée après la pluie. Avec Music, Fashion, Film, nous sommes au cœur de ce qui anime Charli, de ce qui la fait se sentir vivante et qui comble son besoin de sensations fortes. La pochette de l’album rassemble John Cale pour la musique, Marc Jacobs pour la mode et Martin Scorsese pour le cinéma. Rien que ça ! On a vérifié, ce n’est pas de l’IA. Par contre, hum, où sont les femmes Charli ? Les morceaux durent presque tous 2 minutes, c’est un petit peu frustrant. Sauf le dernier qui dure 5 minutes et 42 secondes. « No One Lasts Forever » est pour le moins philosophique, en collaboration avec le réalisateur canadien David Cronenberg.
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La chanteuse a un gros ego, sans aucun doute, mais aussi un petit cœur vulnérable. Sous ce train de vie de rock star hédoniste, les avions, l’alcool et les caméras, elle se pose aussi des questions existentielles. Notamment sur “I’m Afraid”, où elle se confie sur son immaturité et sur son manque d’empathie. Notre morceau préféré est “Persona” : les guitares sont succulentes et les paroles chipies à souhait. Côté production, préparez-vous pour un voyage dans les années 1970 en Angleterre, avec de la batterie, des guitares et des basses on ne peut plus saturées.
The Strokes – Reality Awaits
Avouons-le. Quand nous avons lancé la lecture de l’album et que les premières notes de “Psycho Shit” ont retenti dans nos oreilles, nous avons eu les larmes aux yeux, la gorge qui se serre et le menton qui tremble d’émotion. Oui bon, on avait dit que l’amour ce n’était pas pour nous il y a deux semaines, mais depuis « Falling out of love« , on a de nouveau envie de retomber amoureux·ses et ce n’est pas plus mal ainsi. Nous retrouvons l’acteur Walton Goggins dans le clip de “Going Shopping”, pour une critique acerbe et drôle de la société de consommation.
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Ce septième album studio nous montre que rien n’a vraiment changé depuis Is This It en 2001. De quoi rassurer la fanbase du groupe, nous n’en doutons pas. Nous passons par tout un tas d’émotions : la tristesse, la joie, la surprise, au travers de ces neuf morceaux qui durent de 4 à 6 minutes – tout de même. Le mixage et le mastering sont évidemment excellents. Les guitares en mono et en stéréo qui dansent dans nos oreilles sont une partie de régalade. C’est un sans-faute.
Compilation Sapiens Players – Sapiens 101
La compilation du label Sapiens, Sapiens 101 (pour sa 101e parution), rassemble la famille récente et historique de ce dernier à l’occasion de sa dixième bougie. Elle se situe définitivement du côté ensoleillé et chic de la musique électronique. On y retrouve des identités sonores diverses, orientées house. La pochette est vraiment jolie, avec cette peinture néoclassique et romantique aux tons doux et chauds, comme les sonorités qui composent ce various artists.
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Le premier track, « Parallel » de DeLaurentis, nous accueille sur une ambiance profonde et planante. « Que Rico » de Valentine Groove est définitivement dansant et léger avec des synthés entêtants. « Are you busy » de Paso Doble et WAHM est plus percussif. Enfin, « Bring The Bass » de Kiko et Olivier Giacomotto porte bien son nom et se complète d’un « boom-clap » puissant. La compilation se compose de 12 morceaux en tout, qui se font élégamment écho tout en formant une belle harmonie.
VNTM – Ostbahn (LIP018)
Ostbahn (gare de l’Est en allemand) est aussi l’arrêt de transports du Berghain, est-ce une coïncidence ? Dans tous les cas, c’est assurément un projet à écouter en marchant vers le temple de la techno à 6h du matin un dimanche, avec son atmosphère sombre. Le nouvel EP composé de cinq tracks, du producteur néerlandais VNTM (détrompez-vous, aucune corrélation avec SCH), paraît sur le label de Ferdinger : Life in Patterns. Il en ressort une forte impression de spatialité à l’écoute, tous les éléments sonores sont supra-léchés. On a hâte de l’entendre sur un bon soundsystem en club, car les morceaux nous laissent présager un aller simple pour un voyage qui ne nous donne pas envie d’atterrir.
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“Tireno Swing” se compose d’une bassline qui bute très légèrement sur les deuxième et quatrième temps et qui lui donne un rythme addictif. “Bizzarity” possède un clap qui vous met une gentille claque, des hi-hats métalliques, mais aussi des sons qui grésillent et donnent des petits frissons en haut de la nuque. Quant à “Distorted reflection”, avis aux amateurs d’ASMR et autres friandises pour oreilles, vous allez être servis. Le sub est pile poil à la bonne fréquence, ça grouille dans les oreilles, mais c’est en même temps mélodieux et mélancolique (peut-être devrait-on dire mélancodieux) ? On se projette bien danser dessus lors du closing d’une soirée.
Lewis Ofman — Summer Walk
Les vacances en famille sont parfois éprouvantes. Votre petit frère vous court sur les nerfs ? Votre mère est trop sur votre dos ? Votre grand-mère ne fait que vous mettre des tunnels sur sa jeunesse ? Votre oncle raconte encore n’importe quoi à table ? On sent que vous avez bien besoin de prendre l’air en écoutant Summer Walk. C’est par définition de la musique qui rend joyeux·se : 13 morceaux, 58 minutes de pur bonheur. Et le parfait temps de promenade. L’artiste parisien expatrié aux États-Unis nous livre une superbe mixtape à base de musiques électroniques, de guitares et de voix qui lui donnent une facette pop.
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On y trouve des morceaux récurrents depuis Dancy Party, en passant par Cristal Medium Blue, mais aussi Sonic Poems. Vous y redécouvrirez votre morceau préféré sous un nouveau jour : que ce soit « Attitude » avec ses voix filtrées, « Las Bañistas » en version super percussive, ou « Siesta Freestyle » sur un mode hyper planant. « Walking Seoul » est un ovni de presque sept minutes. On s’imagine bien errer lentement dans les rues de la ville en l’écoutant. Une chose est sûre, on n’a vraiment pas fini d’écouter Summer Walk chez Tsugi.




























































