Depuis un mois, la pop star tease un retour inédit. Et ça y est, on a enfin le premier extrait de la rock era de Charli XCX, “Rock Music”, un single sorti le 8 mai dernier. Quoi en penser ? Qu’est-ce que cela présage pour la suite ? On démêle ça chez Tsugi (*bruit de jingle d’enquête*).

On n’en demandait pas moins d’une artiste de la trempe de Charlotte Emma Aitchison — de son vrai nom. Tourner la page, changer de cap, pour s’aventurer définitivement sur le chemin des musiques rock — son album SUCKER (2014) et son hit “Break the Rules” avaient déjà des tonalités pop-rock assumées — c’est ce qu’elle entend défendre dans son futur huitième album studio. Du moins, on a du mal à voir la sincérité de la démarche, devant le clip de “Rock Music”, tout dernier single en date. 

“Je pense que le dancefloor est mort, maintenant on fait de la musique rock”

Dans une interview pour le magazine Vogue sorti le 16 avril dernier, la chanteuse évoquait l’arrivée d’un disque “guitare-centré”, confirmé par la vidéo backstage de ce nouveau titre, postée sur son compte Instagram. Effectivement, ce premier morceau laisse traîner une guitare, un riff autotuné qui se greffe idéalement à la voix pitchée de Charli XCX. Mais pour une lancée présumée rock, on cherche encore les percussions, qui manquent cruellement à l’appel.

Une chose est sûre : l’Américaine souhaite mettre un terme à la Brat era, qui a enflammé l’été 2024, et continue d’influencer les soirées fashionistas aux quatre coins du monde — notamment dans le spectre des soirées estampillées “nostalgie pop années 2010”. Ce n’est pas les quelques paroles : “Je pense que le dancefloor est mort, maintenant on fait de la musique rock”, qui arrangeront l’affaire, et nous laisse vibrer autour d’un morceau électro pop-rock, qui prend le pas — timide — à l’élan indie rock post-covid (The Last Dinner Party, Wet Leg).

Trop parodique ? 

Lorsqu’on regarde les paroles, on sent cette volonté permanente de revenir sur cette période d’iconisation, mais à la fois d’en jouer. Elle évoque ses PTSD, ses douleurs aux cervicales à la suite du Brat Tour, comme un rockeur qui agite frénétiquement sa tête de haut en bas (headbanging en Anglais). Malgré la surmédiatisation, on reste avant tout en comité restreint, des amitiés devenues quasi “incestueuses” — une façon parodique de rappeler ses liens de longue date avec A.G. Cook et Finn Keane, producteurs du morceau. 

Le tout dans une attitude “rockaholic”, néo-didactique, mais parfois trop simpliste. On apprécie ce refrain bugé à l’excès, mais c’est peut-être trop — on préfère davantage celui de Lil Yachty sur “Poland”, la cause de ces nombreux essais postérieurs infructueux. 

À l’image du documentaire parodique The Moment, son propre film qui retrace le parcours d’une pop star à l’aube de sa première tournée mondiale — et qui n’est toujours pas sorti en France — le clip reste autocentré sur cette image “je m’en-foutiste” de l’artiste, avec de nouveau, Aidan Zamiri à la réalisation. On la suit tantôt torturée, tantôt avec une minerve de dentelle, ou accompagnée de son rock band 3.0 (A.G. Cook représente le crédit rock) et de sa mini foule en folie. 

Le morceau ressemble davantage à un avant-goût prémâché de ce nouvel arc, tout aussi parlant dans les mots que dans les images. Mais on est plutôt optimistes pour la suite, à la vue de ce qu’elle nous a proposé avec Wuthering Hights, B.O du film Hurlevent de Emerald Fennell. Être bien entourée, ça ne peut présager que de bonnes choses.