L’entreprise française de production de vinyles dévoile, chaque mois, sa sélection aguerrie de 33 tours. On est allés piocher sur leur site quelques disques qu’on apprécie particulièrement en ce joli mois de mai.

Diggers Factory, c’est un peu notre grand frère cool fan de musique : il nous permet d’acheter les vinyles d’artistes qu’on aime, du merch, et un tas d’accessoires pour entretenir sa platine. Mieux, ils nous proposent même des pressages uniques, fabriqués principalement en France — ce qui est rare, de nos jours.

L’entreprise créée en 2016 a toujours voulu rassembler les fans, les artistes et les professionnels de la musique, pour organiser des pressages sur mesure, qui ne coûteront aucun surplus aux musiciens. Une qualité qu’ils ont décidé de fidéliser, l’année dernière, avec le lancement de leur abonnement Vinyl Box. Chaque mois, vous pouvez repartir avec un ou deux vinyles exclusifs, et des tonnes de goodies. En mai, la sélection s’annonce rude. On vous en a dégoté quelques-uns.  

Mezerg – VOL RETARDÉ DE 42 MIN (2025)

Mezerg, monsieur “Piano Boom Boom” n’a jamais arrêté de bidouiller ses mélodies avec tout ce qui lui passe par la main — tout, même des pastèques et des kiwis pour reproduire les touches d’un synthé. Pour VOL RETARDÉ DE 42MIN, le Bordelais continue son épopée musicale, mêlant morceaux live retravaillés en postproduction comme “Electric-Piano”, ou en continuant de déplacer son Thérémine portatif sur “L’Hôtesse de l’Air”. Une electronica et une house des plus surprenantes, en bref, un must have dans sa collection de vinyles loufoques. 

Jorja Smith – Falling or Flying (2023)

Jamais dans l’excès, toujours en puissance, Falling or Flying témoigne de la tension permanente qu’expose Jorja Smith face à la fragilité des humains. Ce second long format était l’occasion d’un retour aux sources, conçu dans sa ville natale de Walsall, en banlieue de Birmingham. Un disque bien plus affirmé et pop que la fougue néo-soul et R&B de Lost & Found, mais le sens du storytelling reste intact. Plus tôt dans l’année, une réédition vinyle de son single phare “Blue Lights” est sortie pour les dix ans du morceau. Plus qu’à attendre le prochain album, qui, on l’espère, arrivera plus tôt que prévu. 

Kendrick Lamar – untitled unmastered (2016)

Les vinyles de Kendrick Lamar, on en croise en tête de gondole dans tous les magasins, d’une forteresse culturelle comme la Fnac ou dans le petit disquaire indé d’à côté. Et si l’on observe bien, untitled unmastered occupe une place importante dans les bacs estampillés “rap US”. Pourtant, on est bien plus sur un format vieille mixtape inachevée qu’un vinyle avec une direction artistique millimétrée — il n’y a qu’à regarder le faux fond noir de la cover pour comprendre — avec des textes scandés sur du free jazz, de la soul, et une funk qui tire sur l’acid. 

Thundercat, le rappeur Jay Rock, Astronote — un producteur orléanais — ou la chanteuse Anna Wise sont quelques-unes des têtes qui ont participé à l’élaboration de certains morceaux — qui étaient, au départ, des démos inachevées de son disque To Pimp a Butterfly. Le succès des ventes physiques est devenu, très vite, marqueur d’une époque où le nom de Kendrick était — déjà — sur toutes les bouches.

Skream – Skreamizm 8 (2023)

Dans cette longue série qui dure depuis plus de vingt ans, Skreamizm 8 affiche très vite une texture différente des précédents. Tandis que les premiers s’aventuraient sur le dubstep boosté de la deuxième partie des années 2000 — et qui lui a donné une première reconnaissance —,  Skreamizm 7 (2012) empruntait les codes de l’electro-acid, qui laissait présager son passage disco/techno des années suivantes. 

Le huitième volet laisse place à plus d’apaisement, à un dubstep burialesque sur “HIT” ou “Roy The Boy”, morceau hommage au DJ écossais Jamie Roy, ami de l’artiste. De plus, la pochette psychée, réalisée par le graffeur Insa Gram, fait du vinyle un objet de collection qui vaut le détour. 

Chilla – 333

Chilla a très vite eu le statut de “rappeuse féminine”, enveloppant dans ce terme fourre-tout et inutile, un renouveau de la scène rap post-2015, plus introspective et sensible. Le chemin passé entre Mūn (2019), EGO (2022) et 333 (2024) éloigne la trap petit à petit, pour laisser place à des sonorités house, 2-step sur le dernier disque.

Le chiffre trois n’a aucune valeur mystique, mais évoque trois années marquées par l’amour et la rupture. Un troisième long format toujours plus pointu dans les collaborations (Kobo et disiz) et dans ce qui l’entoure, avec une sortie vinyle organisée en collaboration avec, tenez-vous bien … Diggers Factory ! Si ce n’est pas frenchy tout ça. 

Retrouvez également du jazz, du rock, et plein d’autres recommandations pour nos vinyls addict dans la sélection mensuelle de Diggers Factory !