Sina XX n’a pas chômé. Après avoir ouvert les hostilités le 30 janvier avec son album Let There Be Light, le producteur franco-iranien — pilier  de la scène underground hexagonale — enfonce le clou. Il décline son univers en un triptyque de clips visuellement radicaux : « Let There Be Light », « Wake Up » et  « I Can See Through The Clouds ». Il ont été tournés dans un décor unique, aussi minimaliste qu’hypnotique.

Alors que la fête galère à retrouver son souffle, Sina XX transforme le dancefloor en un refuge spirituel. En investissant une église comme décor central de ses trois vidéos, il opère un glissement vers le sacré, convertissant les clubs en lieux de culte et la danse en un instant sacré.

Dans ces visuels, Sina XX se fait discret, officiant en retrait tel un maître de cérémonie plus soucieux de la vibration que de la starification. Ici, pas d’ego-trip, mais une transe collective où les danseurs captent toute la lumière. Sous son impulsion, le mouvement des corps mute en un rite païen, où chaque geste devient magnétique.

Une esthétique épurée

La claque visuelle tient dans ce dépouillement extrême. Les clips deviennent alors l’extension organique de sa musique : la répétition des boucles sonores répond à celle des cycles de mouvements. La lumière, quant à elle, est le fil conducteur de son art, que ce soit en musique ou dans ses visuels. Elle guide les clubbeurs vers une forme d’introspection. Cette quête de clarté est particulièrement palpable dans le clip, « Wake Up ».

En bref, à travers ses trois clips, Sina XX érige la techno en manifeste : une force capable de transformer l’individu comme la société.