Ce vendredi est un jour de grâce ! Moins de 30 degrés, plus que quelques heures avant le week-end ET les nouvelles sorties de la semaine ? Tout est fait pour que l’on passe une bonne journée. Au programme : la jungle de Nia Archives, la fusion des styles de GЯEG, la soul de Nao Yoshioka, la techno made in Détroit de Efdemin, l’electro-pop de Eartheater, les guitares endeuillées de Tricky et le rock chargé de crise identitaire de Swapmeet. 

Nia Archives – emotional junglist

Il est clair que sa collaboration avec Jorja Smith annonçait la couleur du projet. Emotional Junglist, le second album de Nia Archives est un shot d’énergie condensé en 40 minutes. On retrouve dès « Feelingz Go Numb » les sonorités rocks qui fonctionnent si bien avec sa jungle signature. Les morceaux s’enchaînent et l’énergie ne faiblit pas.

La voix soul de Nia Archives se pose naturellement sur les rythmes syncopés co-produits par James Ford. Le disque possède son lot de surprises, notamment avec « This Could Be… » qui lève le pied sur la jungle pour laisser entrer une guitare pop-rock à la The Strokes. En bref, l’album tourne en boucle et nous avons du mal à appuyer sur « pause » pour découvrir les autres sorties de la semaine… Ça veut dire beaucoup !

GЯEG – Kas Frekans

GЯEG nous offre enfin l’entièreté de son EP Kas Frekans, signé Club Romantico. Trois ans après son dernier EP Jazz Net, il revient avec la même recette « mais en mieux faite » selon ses mots ! En tout cas, tout ce que l’on sait, c’est que cela fonctionne ! Alors que « Shatta 2 » ouvre le disque sur un mélange de shatta et d’hyperpop, « Mardi » le clôt avec la dose de bouyon dont on avait vraiment besoin !

Pour Kas Frekans, GЯEG s’est allié à la crème de la crème. La voix de la chanteuse indienne Naisha s’invite sur « Aun Do », une coproduction signée Skrillex et Dilip, tandis qu’on peut retrouver la figure mauricienne du shatta Dopeman sur le titre « kas frekans ». Bref, on se retrouve exactement dans l’univers de GЯEG : un univers où il navigue comme bon lui semble entre les styles musicaux, pour nous servir des productions aux petits oignons.

Nao Yoshioka –  Self

Avec Self, la Japonaise Nao Yoshioka partage un album collaboratif sur Sweet Soul Records et réunit le gratin des voix RnB et soul du monde entier. Avec 14 noms dont Bilal, Peter CottonTale ou encore Jamila Woods, le disque passe de la neo-soul, au jazz, sans oublier le RnB et même quelques touches de house music.

Entre la ligne de basse constante et profonde qu’on retrouve sur presque l’ensemble des titres ou le solo de saxophone dans « You Got To Feel It », l’album est littéralement du miel pour les oreilles. Doux à écouter et structurés par la voix prenante de Nao Yoshioka, les douze titres ne donnent qu’une envie : fermer les yeux et se laisser emporter.

Efdemin – Mirror Phase

Envie d’un petit retour aux sources ? Foncez écouter le nouvel EP futuriste Mirror Phase de Efdemin pour une bonne dose de techno de Détroit et Berlin. Avec ce disque, le DJ fait une entrée en grande pompe sur le label du festival Dekmantel. À travers ses quatre titres mélodiques et texturés, le disque rend hommage aux années pionnières de la techno, et ça fait du bien !

Pour quelques 20 minutes, on retrouve des boucles hypnotisantes, des voix robotiques et des lignes de synthé survoltées. Sur le track d’ouverture, « Mirror Phase », la voix de DJ Minx nous prépare calmement au voyage rempli de « techno-love » qui nous attend. « Slip », et son rythme syncopé, vient clore le projet et ne nous laisse pas sur notre faim, une véritable cherry on top — cerise sur le gâteau pour les non-bilingues.

Eartheater – Heavenly Body : If I’m The Bottle You’re The Message

À peine l’album lancé, la voix angélique de Eartheater envahit déjà notre casque et nous offre un moment hors du temps. Inspiré par la naissance de sa fille, Heavenly Body : If I’m The Bottle You’re The Message nous livre un récit intime sur la maternité et ses tourments : les angoisses, la fatigue mais surtout l’amour inconditionnel.

Pour ce projet, Eartheater s’entoure du producteur David Sitek et de Oklou pour la seule collaboration du disque sur « Fast Asleep ». Leurs deux voix s’harmonisent pour nous bercer tendrement. Le disque, plutôt sombre, prend tout de même un tournant electro-pop et le violon ambiant niché au fin fond des productions nous saisit directement le cœur.

Tricky – Different When It’s Silent

Après six ans, Tricky revient dans nos casques avec Different When It’s Silent, un disque sombre, mélancolique et emprunt de chagrin. Avec des riffs de guitares abrasives, agrémentés d’une voix masculine roque et granuleuse, l’album nous emmène dans les tréfonds de l’esprit de la figure de Bristol. Le disque, partagé avec Mitch Sanders, est unique en son genre, brut et honnête.

Au fur et à mesure de l’album, la cadence des productions monte d’un cran. Des paroles sont chantées, d’autres rappées comme dans « Be Still in the Pain » et les rythmes se mélangent. Une seule voix féminine s’invite sur le dernier track « Out Of Place », un morceau dédié à sa fille.

Swapmeet – Mount Zero

On ne parle pas du morceau du même nom de Nirvana, mais bel est bien du quatuor Australien Swapmeet ! Leur premier album Mount Zeroexplore le passage à l’âge adulte — principalement les crises existentielles qui peuvent nous traverser — à travers un indie rock vitalisant. Neuf pistes constituent le disque, et chacune d’entre elles encapsulent parfaitement l’intensité et les doutes de cette période.

Accrochez-vous bien car des montagnes russes vous attendent en pressant play sur cet album. Tous les tracks montent en intensité à leur manière. Les productions maximalistes aux guitares distordues trouvent toujours un moyen de s’inviter, même sur des titres aux apparences plus calmes comme « Halfway ». De notre côté, on sait que la bande son de l’été est juste là !