À l’heure où faire la fête librement devient de plus en plus compliqué, les artistes se révoltent à travers leurs œuvres. Le duo de producteurs britanniques Bicep fait son retour avec trois nouveaux morceaux, un an après son dernier album. Ces derniers sont illustrés par un triptyque de clips célébrant la culture des free parties et des sound systems en Angleterre.
Originaire de Belfast, le duo composé de Matt McBriar et Andy Ferguson est aujourd’hui installé à Londres. Face à une répression toujours plus forte à l’encontre des free parties, les deux artistes ont produit trois morceaux, sortis sur le label Ninja Tune, en collaboration avec les artistes Clark, Saskia et SOARR. Ces trois titres mêlent techno ambient, acid house et UK garage, toujours avec une signature sonore très nostalgique. Concernant le visuel, le duo britannique a collaboré avec le réalisateur palestino-américain Ryan Doubiago, qui a notamment réalisé le clip de « My Tears Are Becoming A Sea » de M83. Pour illustrer les trois morceaux et mettre en lumière la free party, il a réalisé un documentaire, scindé en trois parties.
La free party en danger
Le 18 août 2026, après de nombreux mois de discussion, le gouvernement français a fait entrer en vigueur la loi RIPOST (Réponse Immédiate aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens). Visant, entre autres, à augmenter la répression face à l’organisation de free parties. Organiser une fête libre est dorénavant puni de 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende. Pour ce qui est des teufeuses et des teufeurs, iels s’exposent à une amende délictuelle de 500 euros (pouvant s’étendre à 1500€). Chez nos voisin·es en Angleterre, pays dans lequel le duo a tourné le court-métrage, l’organisation d’un événement musical sans licence commerciale peut entraîner une amende allant jusqu’à 20 000 pounds.
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Un duo qui s’inspire des raves
Le duo n’en est pas à son premier coup de maître concernant les free parties. En 2017, ils sortent « Glue ». Rapidement devenu un morceau incontournable pour les fans de musique électronique, ce titre était déjà accompagné d’un clip en faveur des free parties. Le fil rouge du clip : des lieux vides aux apparences banales qui ont pourtant en commun le fait d’avoir accueilli des free parties des années plus tôt. Un clip qui rendait déjà hommage à la liberté et à la teuf d’autrefois.
« Lemonder » (1/3)
La première partie du court-métrage se nomme « Lemonder« . Un clip de 4 min 39 dans lequel nous suivons un vrai collectif britannique dans les préparatifs d’une free party. Un documentaire immersif où l’on suit de jeunes amis, passionnés par ce qu’ils font, au cœur d’une logistique folle. On y voit l’avant-teuf, l’organisation et la mise en place des murs de sons (six fois plus grands que nous). Comme si on y était, la musique et les images nous procurent un profond sentiment de frénésie et d’autogestion.
« Viper » (2/3)
Ça y est, la fête commence : les infos sont transmises, le soleil se couche et les teufeur·euses arrivent. Dans « Viper » (le deuxième clip), nous sommes transportés au cœur de la free party, là où tout se passe. La vidéo est tournée avec la technique du bullet time, un effet visuel que le réalisateur a obtenu grâce à une batterie d’appareils photo disposés tout autour des danseur·euses. Cet effet permet un rendu ralenti. On navigue entre les teufeur·euses comme si le temps s’était arrêté le temps d’une nuit. Le bullet time permet également un effet saccadé, qui correspond parfaitement à ce morceau purement UK garage et ses breakbeats.
« Air » (3/3)
Place à « Air« , la dernière partie de cette trilogie. Une série de photos défile sur une bande-son planante, accompagnée par la voix de SOARR. Des photos à l’apparence d’archives, comme seules témoins de la soirée. Le soleil se lève, la brume se désépaissi. Cette fois, on assiste l’après-teuf, un moment lumineux où le calme revient peu à peu.
À travers ces trois clips, Bicep remet la réalité humaine et la beauté de la free party au cœur des polémiques autour de ce sujet. Le duo répond à la répression et aux interdictions par une expression artistique complètement hypnotisante, qui permet de préserver le savoir et de transmettre la culture rave à travers les générations.






















































































