Ce vendredi, nous sommes gâtés. Dans la sélection de la semaine : le nouveau disque de A$AP Rocky, la house de Crooked Man, la techno hypnotique de Lacchesi et JKS mais aussi de Pōnky, la techno mélodique de Mokado, l’indie rock de Vera Daisies, l’EBM de Belaria, l’hyperpop de Sassy 009, la musique alternative de Goodbye Karelle et les expérimentations lo-fi de Evilgiane. Ça fait du beau monde !

A$AP Rocky – Don’t Be Dumb

“La bonne musique de film, c’est la bonne musique tout court, celle qui doit pouvoir s’écouter sans images” disait Vladimir Cosma. Pas sûr qu’A$AP Rocky soit un grand fan de la Chèvre, du Grand Blond avec une Chaussure Noire ou de la Boum (quoique, on n’en sait rien). L’un des artistes les plus attendus de l’année 2026, vient de sortir Don’t Be Dumb. Rassurons tout de suite les fans, l’homme ne manque certainement pas de goût, montrant avec ce projet, de très bonne facture, sa capacité à synthétiser avec brio plein d’influences différentes.

Mais où est la folie tant promise par la pochette de l’album et l’apport de différents alter egos ? L’expérimentation musicale que l’on était en droit d’attendre ? Peut-être dans les différents visuels sortis sur la chaîne Youtube de l’artiste, apportant de la profondeur aux morceaux ou dans le film co-réalisé avec Tim Burton que le rappeur a promis de sortir. On attend de voir (et de réécouter).

Par Cecilia Cavassoni

JKS et Lacchesi – High & Dry

Qu’est-ce que ça donne lorsque les boss des labels Smile Sessions et Maison Close Records — respectivement JKS et Lacchesi — décident de collaborer sur un EP ? Ça donne High & Dry. On en dit déjà trop, mais les basses parlent d’elles-mêmes : ambiance rave en warehouse et ton hypnotique à ne plus savoir sur quel pied danser.

Leur premier duo sur “l’Orologio, sorti sur Smile Sessions l’année dernière, nous avait déjà mis l’eau à la bouche. Mais revenons à High & Dry : ce quatre titres prolonge le voyage avec des morceaux épiques comme “Get Johnson” ou l’angélique “Overheard, The Albatross”. Pas sûr qu’un open space soit l’endroit idéal pour l’écouter, mais bon, il est à vous désormais.

Par Elio Froidevaux

Crooked Man – Crooked Stile

Il y a une douzaine d’années Richard Barratt, producteur culte de la scène pré-house de Sheffield ressurgissait sous le pseudo Crooked Man avec une poignée de maxis publiés en indé, suivis d’un premier album chez DFA (…). Après deux disques chez DFA, c’est cette fois Damian Harris, fondateur du label Skint et cerveau de Midfield General, qui ouvre les portes de son nouveau label, Vicious Charm, au troisième album de Crooked Man.

Un disque qui démarre en fanfare, et explose dès le deuxième titre avec une reprise hallucinée, comme sous LSD, du standard disco “Don’t Leave Me This Way”, avant d’enchaîner huit autres titres de house déviante – dont une relecture très personnelle du “Big Love” de Fleetwood Mac -, tout en invitant la crème des vocalistes, de Carmen Squire à la légende Steve Edwards, de Nina Lee à E Angel

Par Patrick Thévenin (lire la suite dans le Tsugi numéro 185) 

Pōnky – atöm.06

Alerte banger : nouvel EP sur atöm., seconde partie du label parisien Molekül Records, signé par l’artiste français Pōnky. Atöm.06 promet une plongée au travers d’un club à la techno mystique. Co-fondateur du collectif Dissonance, avec ses compères DJ Nearly et Sense?, Pōnky apporte un nouveau disque comprenant des sonorités tribe, voire techno mental. Une alchimie s’opère lorsque les titres “Blurred Vision” et “LWWY” s’enchaînent. On ne peut que vous conseiller d’écouter.

Par Elio Froidevaux

Sassy 009 – Dreamer+

Le nouvel album de Sassy 009 porte très bien son nom. En effet, Dreamer+ est un rêve. Pas le nôtre, mais celui d’une artiste qui a décidé de tout dévoiler, d’assembler avec minutie les couches électroniques pour créer une atmosphère saturée et texturée, mêlant hyperpop, sonorités grunge et ambiance shoegaze. Sont invités à cet univers onirique, les talentueux Blood Orange, yunè pinku et BEA1991, qui contribuent à l’album sans jamais le dénaturer.

Tout cela invite à la dégustation lente, à la réécoute patiente. “Dreamer+ a été une expérience existentiellement dévorante, qui m’a sans aucun doute déstabilisée à plusieurs reprises.” a déclaré la productrice norvégienne sur Instagram. Merci pour ce moment, comme dirait l’autre.

Par Cecilia Cavassoni

Mokado – WHERE DOES THE NIGHT GO ?

Après avoir conté sur Marius, l’histoire de son arrière grand-père, poète et voyageur, tissé sur MASKOJ, une histoire inspirée de masques traditionnels, le producteur masqué revient avec WHERE DOES THE NIGHT GO ?. Ce nouvel album se veut encore une fois conceptuel, racontant, heure par heure, une déambulation nocturne, du club, à 2h18 très précisément, au retour en métro, à 5h25 (petit joueur), au lever du soleil, à 6h42.

Si l’on retrouve la techno mélodique et les inspirations pop de Mokado, WHERE DOES THE NIGHT GO s’oriente vers des influences breakbeat, house ou même UK Garage. Un hommage à la culture club, avec des morceaux testés lors de ses DJs sets et construits en fonction des réactions du public. 

Par Cecilia Cavassoni

Vera Daisies – Clever Girl

Vera Daisies est née comme un “cahier de croquis” nous racontait, il y a quelques mois sa créatrice, Margaux Jaudinaud. La chanteuse et guitariste, ex-membre de Ottis Coeur s’est lancée en solo après qu’on lui ait proposé de faire la première partie de Tess Parks à La Maroquinerie.

Après avoir dévoilé “Chess Game” et “Can’t Blame You”, Vera Daisies sort aujourd’hui Clever Girl, son premier EP. Cinq titres alternant shoegaze, indie rock, pop et grunge. Le disque montre la palette maîtrisée d’une artiste qui a dépassé le carnet de brouillon depuis très longtemps et dont on suivra les prochaines sorties avec beaucoup de curiosité. 

Par Cecilia Cavassoni 

Belaria – Dynamic State

Après avoir essaimé sur plusieurs labels, Belaria revient chez elle, Binding System, pour un EP “introspectif”, une “exploration des bienfaits du mouvement corporel sur l’esprit”. Par introspectif, comprendre un mix plutôt costaud entre électro, EBM et électronique noire, qui reste sage question BPM.

Quatre titres aboutis — avec une petite préférence pour « Losing Control » et « Body Movement » — et deux remixes parfaitement exécutés par Kendal et Vel, toujours impeccable. 

Lire la suite dans le Tsugi numéro 185

Goodbye Karelle – Knuckle Breaker Maxxx

Après Hugh Green & the Lucies Made Me en 2023, le second album de Karelle Tremblay, alias Goodbye Karelle, sort du rock folk pour nous emmener vers d’autres terrains. Aux commandes de son monster truck, l’artiste canadien·ne se questionne, en quête de stabilité — à la manière semble-t-il, d’un Yung Lean sur son dernier projet Jonatan

Sa voix androgyne passe par toutes les émotions : la mauvaise défonce d’un “Fun Part”, aux relents indie-rock, nous emmène dans ses pires moments de doute. “Adi”, du nom de sa compagne, nous rassure par ses accents lo-fi et sa sincérité. “Funny people” nous charme par sa voix pitchée et sa ligne de basse entêtante. On retrouve même des flows rapés sur ses morceaux avec le rappeur canadien Peypo ou le Français Big Balth.

La route est longue pour se chercher soi-même, alors on lui pardonne, on lui conseille même de continuer, car ce deuxième disque promet de belles choses pour la suite.

Par Elio Froidevaux

Evilgiane – Giane 2

Giane 2 est la facette plus expérimentale du producteur Evilgiane. Très influent ces dernières années aux États-Unis (il a produit le single The Hillbillies de Kendrick Lamar et Baby Keem, ou les derniers projets du duo star de Detroit Snow Strippers avec son label Surf Gang), le New-yorkais nous emmène dans une aventure lo-fi, sur fond d’ambient et de boucles légèrement décalées.

GIane, le premier EP sorti trois ans auparavant, nous offrait déjà cette atmosphère planante. Désormais, on mêle le braindance à du sampling d’accident de voiture dans “Poker”, en collaboration avec Clams Casino — un des producteurs majeurs d’A$AP Rocky à ses débuts — ou des textures vaporeuses dans “Purgatory”. C’est fun, vous verrez. 

Par Elio Froidevaux