Pour le week-end d’Halloween on part en direction du Parc des Expositions de Villepinte. Chaque année, Dream Nation rassemble une bonne partie des amateurs de musique qui tape. Entre hard techno, uptempo, trance ou neurofunk, les différentes scènes et les deux nuits de programmation, le festival entend bien faire transpirer ses festivaliers — logique. On est allés vérifier ça.

Des BPM qui ne font pas de cadeaux

À peine arrivés, on comprend rapidement où est qu’on a mis les pieds. Les kicks cognent déjà fort et les BPM sont rarement en dessous de ce qu’on pourrait qualifier de raisonnable. Pour cette première soirée, Dream Nation répartit sa programmation entre trois univers : Electro, hard techno et trance. Le lendemain, on change de terrain avec une scène trance, une autre consacrée à la drum and bass et à la neurofunk, tandis que la hard techno reste évidemment de la partie.

Si Dream Nation s’est construit une solide réputation autour des musiques les plus frontales, le festival ne se contente pas de faire tourner les mêmes recettes pendant deux nuits. Les différentes scènes permettent de naviguer entre plusieurs cultures club, avec des publics qui ne viennent pas nécessairement chercher la même chose. Et c’est agréable de pouvoir naviguer à travers les scènes pour passer d’une déferlante de kicks à des sonorités plus club sans avoir l’impression de changer de festival.

Une débauche de moyens

Pour accompagner tout ça, Dream Nation a sorti l’artillerie lourde. Les scènes intérieures sont particulièrement impressionnantes, avec des murs d’écrans, des jeux de lumière omniprésents et des installations qui occupent une place centrale dans l’expérience. À l’extérieur, le dispositif est plus dépouillé, mais la structure en hauteur donnent tout de même une sacrée ampleur à la scène.

Dream nation 2026
Dream Nation 2026 scène Pulsar

On aurait pu craindre que cette débauche visuelle se fasse au détriment du son. C’est finalement l’inverse, malgré les dimensions du site et la fréquentation, la qualité de diffusion est particulièrement convaincante. Les basses sont bien présentes, les kicks claquent et on ne se retrouve pas avec cette bouillie sonore qui peut parfois accompagner les grosses infrastructures de festival.

Et puisque deux nuits de BPM élevés, ça creuse, Dream Nation a également prévu de quoi s’occuper entre les sets. Food trucks, activités et même une fête foraine avec ses attractions. On a d’ailleurs pu se défier autour de plusieurs jeux, jusqu’à réussir à décrocher le record du festival sur l’épreuve de réflexes (bien joué Valoch’). Le public est nombreux et majoritairement jeune, avec une bonne partie des festivaliers qui semblent avoir entre 18 et 35 ans. Une nouvelle génération de clubbers qui n’a pas fait les choses à moitié pour Halloween. Difficile de manquer les déguisements qui envahissent les allées du festival. Certains ont même poussé le détail assez loin pour qu’on se demande comment ils comptent tenir toute la soirée dans de tels accoutrements.

Découvrir et danser

Parmi les performances qui nous ont particulièrement marqués, difficile de ne pas citer le B2B d’Eargasm God et L.ZWO. Dans un festival où la surenchère de BPM peut parfois prendre le dessus, le duo propose une approche bien plus fine qu’une simple course à la vitesse, la sélection reste surtout très dansante. On sent deux artistes qui connaissent leur terrain et prennent un véritable plaisir à partager les platines. Pas besoin d’en faire des tonnes pour retourner une scène.

Loin d’être les seuls à avoir marqué notre passage au festival, plusieurs autres performances méritaient le détour. On a notamment pu retrouver Perceval et sa techno médiévale, qui a rapidement transformé la salle en joyeux bal populaire. Changement d’ambiance avec Todiefor, qui a attiré une foule particulièrement dense pour un set à la puissance brute, sans concession. Enfin, Shoshana nous a offert une parenthèse plus aérienne avec sa trance féérique, de quoi apporter une autre couleur à cette programmation. Trois propositions bien différentes, mais qui illustrent parfaitement la diversité musicale du festival.

Après deux nuits passées à arpenter les scènes de Villepinte, on retient surtout un festival qui sait mettre les moyens. Dream Nation assume pleinement son goût pour les musiques les plus intenses, sans pour autant s’enfermer dans une seule esthétique. Entre la diversité de sa programmation, ses infrastructures imposantes et une qualité sonore au rendez-vous, l’événement confirme sa place parmi les grands rendez-vous électroniques français.

Le festival témoigne également de l’engouement grandissant pour la hard techno et l’uptempo, qui attirent désormais un public toujours plus large. Reste à voir jusqu’où cette course aux BPM pourra nous emmener. En attendant, nos jambes, elles, réclament quelques jours de repos.

Meilleur moment : Le moment où « The Bells » de Jeff Mills est joué sur la scène Pulsar.

Pire moment : Le RER bondé pour s’y rendre. Bouh.