On célèbre la fin du mois de février avec la sortie de nouveaux albums. Cette semaine, on écoute l’ode au club de LB aka LABAT, le trip-hop de Gorillaz, l’indie pop de Bibi Club, la pop de Zélie et de Soran, la chanson française de Jeanne Bonjour, le post-punk de DEADLETTER et le art-pop de KABEAUSHÉ.

LB aka LABAT – Feel So Good Around U

Ici, tout pue l’amour du club. À commencer par la couverture de l’album, des lunettes de vitesse reflétant une foule en délire — composée à moitié des gens qu’il aime — et son titre, Feel So Good Around U, comme un remerciement à cette cohue. Puis, évidemment, son contenu, faits d’interludes et de bangers — ce terme largement dévoyé, suremployé, mais qui décrit à la base des morceaux sur lesquels on secoue la tête, quitte à s’en décrocher la mâchoire. Et ça, faire perdre quelques dents à son public, LB aka LABAT aime. Preuve en est, avec “Fixated”, titre réalisé avec Memphis LK et amne, ou encore “Ocean Drive”, produit avec DJ Fuckoff. Pour autant, le producteur n’oublie pas les moments d’accalmie, à l’image de “See U” ou de “C’est la vie” avec KURT.

Gorillaz – The Mountain

The Mountain faisait partie de nos albums les plus attendus du début d’année 2026. En effet, de nombreux éléments dispersés autour de ce neuvième album titillaient notre curiosité. À commencer par l’importante présence d’artistes décédés dans la tracklist : Bobby Womack, Proof, Tony Allen, Mark E. Smith du groupe The Fall, en passant par Dave Jolicoeur du groupe De La Soul. Puis, à l’utilisation de langues différentes : hindi, yoruba, arabe, espagnol et anglais. S’il est compliqué de juger à la première écoute l’ensemble de cette montagne, haute de 1 heure et 6 minutes, excusez du peu, on s’imagine bien réécouter le hip-hopesque “The Empty Dream Machine” ou encore le survolté “Damascus”

Bibi Club – Amaro

Pas le temps pour les chichis, le blabla, les longues introtros. Amaro s’ouvre de façon effrénée. Une ligne de basse qui fraie son chemin, une guitare électrique qui s’élève et la voix lumineuse d’Adèle Trottier-Rivard, moitié de Bibi Club, qui retentit. Avec Nicolas Basque, la seconde moitié, le duo fait fort sur ce troisième album, mélange de pop, de dark wave, d’EBM et de néofolk. Un disque où les protagonistes affirment leur désir de vivre tout en dégageant une certaine noirceur. Il en résulte un contraste saisissant asséné à la manière d’un rituel, à l’image du beau “Le château”, titre contrarié par des cordes envahissantes, ou “Les vagues”, danse menacée par les saturations. 

Zélie – LE COEUR ET SA DICTATURE.

A 16 ans, j’ai écrit mon premier album avec la certitude que mon cœur aurait toujours la solution, pas parce qu’il ne fait jamais d’erreurs mais parce qu’il a le culot de choisir avant moi et qu’il me guide toujours au bon endroit”. Ce message vocal qui termine “IL L’A DIT.”, introduction ultra-efficace à la production grandiose, résume LE COEUR ET SA DICTATURE. Sur ce troisième album réalisé avec Cameleon, Zélie dévoile ce qu’il y a au fond du sien : des souvenirs d’adolescence (“LA FIN DES COURS.”), à la relation avec son père (“MERCI POUR TOUJOURS.”), en passant par les troubles corporels (« CE CORPS.”), ou encore les violences sexistes et sexuelles. Une œuvre intime alternant instrumentales pop-électroniques et piano-voix produits au côté de la pianiste Chloé Antoniotti.  

Jeanne Bonjour – Look 

Jeanne Bonjour. Tsugi, enchanté. Avec Look, son dernier EP, la Rennaise finit les présentations entamées il y a deux ans, avec son premier disque Nouvelle Ère. Lauréate du Chantier des Francofolies, membre de la sélection iNOUïS, l’artiste a depuis confirmé son statut de nouveau talent de la chanson française. Tube à l’ambiance années 1980 (“Bal de fin d’année”), morceau catheringesque (“Métamorphose”), envolée intimiste (“Parfois je doute”), Jeanne Bonjour, qui a, par ailleurs, composé l’intégralité du projet, semble un peu tout savoir faire. À suivre. 

KABEAUSHÉ PRESENTS: IGGY SWAGGERING UNGRATEFUL INCESSANT LITTLE PEEEAAAAAAAA

KABEAUSHÉ n’aime pas les choses simples, à l’instar du titre de cet album que la personne chargée d’écrire ces lignes, a mis trois minutes et plusieurs vérifications du nombre de A, à recopier. Pareil pour la musique, archi-saccadée, ultra-saturée, tour à tour B.O. de jeu vidéo, opéra, soul épique ou encore punk nerveux. Alors oui, il suscitera chez certaines et certains des épilepsies auditives ainsi qu’autres overdoses sonores. Mais chez d’autres (nous, au hasard), il apportera ce fameux souffle de vie et d’énergie, qui, si l’on est honnête, ne fait pas de mal en ce vendredi. 

DEADLETTER – Existence is Bliss 

Deux ans après Hysterical Strength, DEADLETTER revient avec Existence is Bliss. Le groupe londonien nous fait à nouveau rugir de plaisir avec son post-punk nourri de guitares saturées, de batteries et de cuivres. On retient particulièrement “It Comes Creeping” ou encore “Among Us”. Rappelons que le sextet sera en concert au Trabendo, le 8 avril prochain. 

SORAN – Daystar

Après avoir écrit et produit pour d’autres artistes, le multi-instrumentiste, compositeur et auteur montréalais revient avec son troisième disque Daystar. Onze titres évoquant aussi bien la synthpop des années 1980 que la pop moderne. Avouons dès maintenant notre penchant pour le premier genre, avec des morceaux comme “Luigi” ou “Momentary Good Time”. Coup de cœur pour “Tarinai”, dont la boucle de basse rappelle “Walk On The Wild Side” de Lou Reed.

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