Dans un communiqué publié sur Instagram ce lundi 5 janvier, la chanteuse islandaise décide de confronter Donald Trump et le Danemark face aux récents débats autour de l’annexion du Groenland.

Le 3 janvier dernier, dans le magazine The Atlantic, Donald Trump décrète avoir « besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale » dont le Danemark, actuel gestionnaire du pays, « ne sera pas en mesure de s’en occuper. » Face aux agitations, la réponse de la première ministre danoise Matte Frederiksen a tenté de mettre fin aux ingérences américaines, en détaillant que le pays et le peuple groenlandais « ont très clairement affirmé qu’ils n’étaient pas à vendre. »

Björk a décidé de clore le débat via un communiqué publié sur son compte Instagram : « Le colonialisme m’a maintes fois donné des frissons d’horreur, et l’idée que mes compatriotes groenlandais puissent passer d’un colonisateur à un autre est trop brutale à imaginer”. Elle invite les groenlandais à penser plus sérieusement l’indépendance : « De la cendre au feu, comme on dit en islandais », écrit-elle. 

Ancienne colonie danoise, l’Islande a déclaré son indépendance en 1944. Le Groenland est quant à lui, autonome depuis 1979, mais le Danemark garde toujours le maintien de sa sécurité intérieure, et continue d’exercer des lois discriminantes à son égard. « Aujourd’hui encore, les Danois traitent les Groenlandais comme s’ils étaient des humains de seconde classe, retirantinjustement la garde d’enfant à leurs parents en 2025 », dénonce Björk face aux tests de parentalité imposés au Danemark à la naissance d’un nouvel enfant. Selon un rapport de 2022, repris par le média anglais The Guardian, les autorités danoises ne prennent pas assez “les différences culturelles et la barrière de la langue en compte”

Un engagement de longue date

Elle conclut son communiqué par “Chers Groenlandais, déclarez l’indépendance !” en référence à son titre « Declare Independance » sorti en 2007, où elle militait déjà pour l’indépendance du Groenland et des Îles Féroé — et qu’elle utilisa pour soutenir le Tibet et le Kosovo en 2008, ou encore le groupe punk russe des Pussy Riots en 2012. Un engagement qu’elle a continué à maintenir pour divers combats, notamment l’environnement, avec des titres comme « Nattura«  (2008), en collaboration avec le chanteur de Radiohead, Thom Yorke, ou « Oral » (2023) en duo avec Rosalía, pour protester contre la pisciculture intensive en Islande.